Refuser de taper dans la main des femmes pour des raisons religieuses? Le gouvernement juge le geste problématique, sans y voir forcément une discrimination. Et il laisse les clubs sans mode d’emploi.
Près d’un mois après l’affaire Mouadden, le gouvernement donne son point de vue. Le 11 octobre, après la défaite de la Jeunesse Esch face à Käerjeng, le milieu offensif avait refusé, au nom de ses convictions religieuses, de taper dans la main des supportrices venues encourager le club. Les réseaux sociaux s’étaient emballés et la Jeunesse avait saisi l’Agence luxembourgeoise pour l’intégrité dans le sport (ALIS) et la Commission nationale d’éthique dans le sport (CNES) afin qu’elles mènent une enquête indépendante.
Interrogée sur cette affaire par les députés Taina Bofferding et Ben Streff (LSAP), la ministre de l’Égalité, Yuriko Backes, a commencé par rappeler vendredi un principe : «Des convictions religieuses ne peuvent pas justifier une discrimination fondée sur le sexe interdite par la loi.» Saluer différemment femmes et hommes «uniquement en raison de leur sexe» doit donc être «considéré d’un œil critique».
Mais la suite douche les attentes : «Une salutation personnelle après un match ne relève toutefois pas automatiquement de ces règles.» Autrement dit, le geste du joueur n’est pas forcément une discrimination au sens de la loi.
Pour les clubs, il n’existe aucune ligne directrice. Le gouvernement renvoie à la CNES qui pourra rendre des avis et des recommandations, mais rien de plus puisque la commission n’est «pas une instance judiciaire qui rend des jugements contraignants». Enfin, aucune nouvelle campagne de sensibilisation n’est annoncée.