Après les infirmiers et les aides-soignants, les syndicats des professions de santé montent au créneau pour dénoncer un projet de loi au cadre flou qui pourrait n’être qu’une première étape.
L’OGBL et le LCGB, seules organisations syndicales représentatives des salariés du secteur de la santé, des soins et du social au Luxembourg, «regrettent» un projet de loi qui «n’a pas atteint les objectifs attendus par les professionnels de santé» et «se limite principalement à restructurer et reformuler des compétences déjà existantes, ainsi qu’à officialiser certains actes que les infirmiers réalisaient déjà de manière illégale afin d’éviter l’effondrement du système de santé».
Au mois d’avril, l’Association luxembourgeoise des assistants techniques médicaux de chirurgie émettait de sérieuses réserves. La semaine passée, l’Association nationale des infirmières et infirmiers du Luxembourg s’était fait représenter par la Fédération européenne pour rappeler le gouvernement aux directives de la Commission européenne. Hier, c’était au tour de l’Association luxembourgeoise des aides-soignants de pointer du doigt le manque de précision des attributions de la profession. Et ce matin, les deux syndicats OGBL et LCGB ont joint leur voix au cortège pour juger le projet de loi «insuffisant», mettre en garde contre le «flou» général de ses contours, autant que sur le manque de prise en considération de l’expertise des professionnels de la santé pour porter sa réforme.
Appelant à renouer un «dialogue étroit», les syndicats précisent qu’il ne s’agit pas d’un refus de la réforme mais d’une volonté de voir le ministère de la Santé et de la Sécurité sociale «engager une réforme ambitieuse, cohérente et tournée vers l’avenir», avec pour objectifs clairs de «renforcer l’attractivité, revaloriser les conditions d’exercice de la profession, garantir la sécurité juridique, améliorer la continuité des soins et donner à la profession infirmière une reconnaissance à la hauteur de ses responsabilités».
En l’état, l’OGBL et le LCGB craignent notamment une incertitude dans la répartition des responsabilités entre médecins et infirmiers. Un flou juridique qui conduit à une insécurité notoire pour les professionnels concernés. D’autant que «ce projet de loi constitue la première étape d’une réforme plus large : les autres professions de santé réglementées seront revues progressivement par la suite. Il est donc essentiel de poser dès aujourd’hui des règles claires et solides.» Et ne pas tomber dans le piège d’une «occasion manquée d’une vraie réforme de la santé».