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Déi Lénk : «Le droit au logement n’est pas respecté au Luxembourg»


Les manifestations contre la crise du logement se multiplient depuis plusieurs mois. La politique peine encore à apporter les solutions adaptées. (Photo : archives Editpress/Anouk Flesch)

À l’initiative de déi Lénk, la Chambre des députés a une énième fois débattu, ce mardi, de la crise du logement. Peu de nouveauté à signaler si ce n’est qu’une imposition plus forte de la spéculation gagne en soutiens.

«L’état d’urgence dans le domaine du logement est une réalité», souligne d’emblée la députée Nathalie Oberweis (déi Lénk), à l’origine de l’heure d’actualité sur la mobilisation de logements inoccupés et de terrains à bâtir. «Nous avons tous conscience de cet état d’urgence, mais j’ai l’impression que nous ne nous y consacrons pas assez souvent, car nous, en tant que députés, ne sommes pas confrontés à une situation où on n’est pas en mesure de se payer un logement», poursuit la nouvelle élue. Au moins 30 000 personnes, selon des chiffres publiés par la Caritas, seraient dans le besoin urgent de trouver un logement. Dans le même temps, il est estimé qu’entre 10 000 et 20 000 logements sont inoccupés au Luxembourg. «Il est irresponsable de laisser ces personnes pour compte. Il ne faut plus hésiter à s’attaquer au problème et à faire preuve du courage politique nécessaire», reprend Nathalie Oberweis, qui estime que pour l’instant «le droit au logement n’est pas respecté au Luxembourg».

Les mots sont forts, les actions des gouvernements successifs bien moins, alors que les problèmes sont bien connus. Vu la pénurie de logements, les prix pour se loger ont explosé de 16 % en 2020. Le pays dispose d’un potentiel foncier pour construire jusqu’à 80 000 logements sur des terrains qui se trouvent déjà dans le périmètre constructible. Or près de deux tiers de ces terrains sont détenus par seulement 16 000 personnes. Sur le seul territoire de la Ville de Luxembourg, 11 personnes et sociétés possèdent 60 % des terrains constructibles, comme est venu le rappeler la députée Semiray Ahmedova (déi gréng). «Nous avons trop longtemps laissé la main libre au marché», constate l’architecte de formation.

«Il nous faut sévir»

Une large partie du débat de mardi a servi à rappeler ces «constats». À part l’une ou l’autre nouvelle initiative – citons ici la proposition de déi Lénk visant à installer des structures modulaires amovibles sur des terrains viabilisés mais non utilisés – très peu de concret est ressorti des échanges. «Il ne suffit pourtant plus de charmer les propriétaires. Il nous faut sévir pour mobiliser les terrains et logements disponibles», martèle Yves Cruchten (LSAP). L’urgence d’agir plus concrètement contre la spéculation foncière semble gagner encore du terrain à la Chambre, y compris dans les rangs du DP. L’ADR est le seul parti à rester plus réservé quant à une plus forte taxation de la propriété. «Les promoteurs privés peuvent proposer de louer un logement pour 10 euros par m2, à condition que l’État garantisse 25 % du prêt auprès des banques», lance ainsi Roy Reding. Proposer des contrats de bail à durée déterminée est une autre option mise sur la table par l’ADR. Le CSV de Marc Lies a, lui, une nouvelle fois forcé la dose pour enfin introduire une taxe sur la spéculation. Les pirates de Marc Goergen veulent réussir à transformer les structures d’habitation utilisées comme bureaux à nouveau en de véritables logements.

Le gouvernement reste convaincu que sa stratégie va permettre de renverser la vapeur. «Les multiples réformes que nous avons engagées constituent toutes les pièces d’un puzzle qui, une fois assemblé, va permettre d’avoir les moyens contraignants pour mobiliser terrains et logements», émet la ministre de l’Intérieur, Taina Bofferding, aux côtés du ministre du Logement, Henri Kox.

De nouveaux échanges sont annoncés en commission parlementaire pour pousser plus loin le débat mené mardi.

David Marques

La réforme de l’impôt foncier
«n’est pas la solution absolue»

La réforme de l’impôt foncier constitue un des dossiers primordiaux à gérer par la ministre de l’Intérieur, Taina Bofferding. Pour l’instant, des valeurs d’imposition datant de 1941 se trouvent encore à la base du calcul de cet impôt. Un «anachronisme» que la ministre socialiste veut toujours effacer. «Mais cela prendra encore un moment. Nous nous devons de prendre le temps nécessaire pour mener cette réforme à bien», rappelle Taina Bofferding. L’appel d’offres pour doter le ministère de l’outil informatique nécessaire au calcul du nouvel impôt foncier vient d’être lancé. La base de données n’est cependant pas encore complète. Huit communes n’ont toujours pas lancé la procédure pour se doter d’un plan d’aménagements général (PAG) de nouvelle génération. Les travaux se poursuivent cependant au ministère. Par contre, «la seule réforme de l’impôt foncier ne sera pas la solution absolue pour contrer la crise du logement», conclut Taina Bofferding.

Un commentaire

  1. Dos Santos M. Alice

    En attendant que le gouvernement légifère, les propriétaires véreux, profiteurs et sans scrupules, s’enrichissent sur le dos des pauvres gens!
    Ils louent des appartements en colocation, des chambres à 900 euros par mois, mais sans inscription à la commune ! Mais la commune est au courant et ne fait rien!
    Uniquement les pauvres gens se voient obligés de payer à d’autres véreux pour avoir une adresse ! Je crois que vais commencer à dénoncer !

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