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Viols sur ses élèves : 10 ans ferme pour le prof de salsa


illustration AFP

Le parquet de Luxembourg avait requis huit ans de réclusion contre le quadragénaire poursuivi pour viols et attentats à la pudeur sur deux de ses élèves mineures.

Les faits reprochés à ce professeur de salsa originaire des Caraïbes remontent aux années 2005 et 2010. À l’époque, les deux victimes étaient âgées respectivement de 14 et 16 ans et suivaient des cours de danse avec le quadragénaire.

Elles n’avaient pas immédiatement porté plainte. C’est un peu par hasard que la première s’était confiée à une amie pendant les vacances. La plainte avait été déposée en 2012, soit sept ans après les faits reprochés. La deuxième victime, quant à elle, affirme avoir été violée par son professeur de danse en mai 2010.

Mais son cas n’a été signalé à la police judiciaire que fin août 2011 par l’intermédiaire de ses proches. Lors de son audition vidéo, la mineure avait expliqué à l’enquêteur qu’un jour son professeur de danse lui avait demandé de venir danser pour assister un autre couple. Ensemble, ils avaient pris le train jusqu’à Arlon. Afin de s’échauffer, son professeur lui aurait demandé de faire une danse plus intime.

Mais il aurait fini par vouloir l’embrasser. Elle se serait détournée, mais il aurait insisté et lui aurait ordonné de monter à l’étage où il l’avait en fin de compte violée. À l’enquêteur, la victime avait également confié que son professeur lui avait dit qu’elle n’avait pas le droit d’en parler, sinon il la tuerait. Quant au couple mentionné, elle ne l’aurait jamais rencontré.

Selon la psychologue qui a rencontré la victime en 2012 « ce qu’elle dit correspond à la vérité ». Le prévenu avait également été examiné par un expert en neuropsychiatrie. « Il a parlé d’intrigues. Il est d’avis que des personnes se sont mises ensemble pour le dénigrer », avait rapporté ce dernier à la barre. Il estimait que le quadragénaire ne souffre d’aucune pathologie psychiatrique, ni d’une abolition du discernement, ce qui signifie qu’il est pénalement responsable.

Le quadragénaire poursuivi pour viols et attentats à la pudeur sur ces deux élèves mineures prenant des cours de danse avec lui ne s’était pas présenté à la barre fin mai. Mais que cela soit devant les enquêteurs de la section protection de la jeunesse de la police judiciaire ou devant l’expert psychiatre, le quadragénaire a toujours contesté les faits qui lui sont reprochés.

Dans son réquisitoire, le premier substitut Martine Wodelet n’avait pas épargné le prévenu. « On a l’impression que son école de danse est là pour qu’il puisse vivre une sexualité épanouie. Il l’a fait avec les femmes consentantes et celles qui l’étaient moins », avait-elle récapitulé.

«Des cours pour être seul avec les femmes»

Pour le parquet, il était clair que le prévenu a abusé de sa position en employant toujours un peu le même mode opératoire. « Il a feint un cours de danse pour être seul avec les femmes. » Les deux victimes avaient été entendues à la barre, à huis clos. « Elles ont maintenu leurs déclarations », avait soulevé Martine Wodelet.

Lire aussi : Un prof de salsa poursuivi pour viol sur ses élèves

 

Le parquet avait fini par requérir huit ans de réclusion à l’encontre du quadragénaire. Parallèlement à la « gravité, la perversité et l’absence de scrupules », il constatait la circonstance aggravante qu’au moment des faits, le quadragénaire avait l’autorité sur ses victimes. Enfin, le premier substitut avait qualifié de « crapuleux » le fait qu’en 2010 sa victime était en couple avec son propre fils : « Le père a abusé de sa confiance. »

Mercredi, la 13e chambre criminelle du tribunal d’arrondissement a reconnu la culpabilité du prévenu. En le condamnant à dix ans de réclusion ferme, elle a prononcé une peine plus lourde que celle requise par le parquet. Le quadragénaire a désormais 40 jours pour faire appel.

Jusqu’à présent, le casier judiciaire du quadragénaire était néant. Or en 1997, une enquête pour viol avait déjà été ouverte au Luxembourg contre lui. Il y avait aussi eu un renvoi, mais l’affaire n’a jamais fini à l’audience.

Fabienne Armborst

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