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Violences domestiques : le prévenu accuse son père et son ex de s’être ligués contre lui


L’avocat du prévenu a mis l’accent sur l’absence de témoins des faits.

Mike est-il le tyran domestique que son père et son ex décrivent ? Son avocat a demandé au tribunal de ne pas prendre leurs déclarations pour argent comptant et de contextualiser les faits.

Mike ne tient pas en place sur le banc des accusés. Il met son blouson et l’enlève puis recommence. Le jeune homme de 34 ans est nerveux. À la barre de la 9e chambre correctionnelle du tribunal d’arrondissement de Luxembourg, son ex-femme raconte les violences domestiques qu’il lui aurait fait subir au cours de leur mariage. Deux faits en particulier. «J’ai peur de ses réactions», explique la jeune femme de 30 ans. «Il pouvait être violent quand nous étions seuls. Je m’éloignais de lui par réflexe.»

Le 24 octobre 2021, il l’aurait poursuivie à travers la maison parce qu’elle aurait parlé de lui à sa maman au téléphone alors qu’il écoutait à la porte. Le 9 décembre de la même année, il l’aurait frappée avec une brosse à cheveux, écrasé un pied et injuriée. À chaque fois, le parquet a mis en place une mesure d’éloignement à l’encontre du prévenu.

«Les doigts d’honneur de sa part étaient gratuits. Une habitude. Les insultes… il suffisait que les pâtes soient trop salées», indique la victime présumée. «C’est devenu de pire en pire. Il dit lui-même qu’il est le diable ou son avocat et qu’il aime être comme cela.» Heureusement, prétend la jeune femme, son ancien mari «n’était pas souvent à la maison». «C’était la terreur. Il fait régner une ambiance oppressante. Je faisais ce que je pouvais pour l’éviter», confirme le père de Mike qui vivait avec le couple.

«Il ne veut pas comprendre. Il a été condamné et il a recommencé à lever la main sur moi depuis.» Les agressions verbales et physiques se sont multipliées au fil des ans, souligne l’avocate de la partie civile. Au début, son ex-femme n’ose pas porter plainte. Mais elle finit par se laisser convaincre alors que les violences et son état psychique s’aggravent.

«Elle n’est pas en reste»

Le jeune homme conteste les faits à «95 %». Il n’a pas poussé son père contre le mur et ne l’a pas frappé. «Mon père et mon ex-femme veulent que je leur cède ma part de la maison», balance le prévenu. «Nous nous sommes disputés, c’est tout.» «Je ne comprends pas pourquoi votre père se donne tout ce mal pour vous nuire», interroge la présidente. «Ils veulent me faire du mal, m’obliger à quitter ma maison», répète Mike qui accuse ses deux victimes présumées de mensonges.

«Depuis notre mariage, je suis la pire personne du monde.» D’ailleurs, s’il a été jugé par défaut une première fois en octobre dernier et condamné le 3 novembre 2022, c’est parce que son père ne lui aurait pas transmis la convocation au tribunal.

Le coup de brosse n’a, selon Mike, pas été intentionnel, tout comme le fait de lui écraser le pied. «On se dispute, mais je ne lui ai jamais craché dessus. Si je l’avais fait, j’aurais pris un coup, je vous l’assure. Elle n’est pas en reste», témoigne Mike plein de morgue. «Quand on n’a rien et qu’on veut rester chez celui qui a tout… Ils veulent que je parte. C’est juste une question d’argent.» «Je ne sais pas. Ce qu’il se passe chez vous Monsieur, mais il faut que cela change», lui conseille la présidente.

«Ce ne sont que de déclarations», estime l’avocat du jeune homme avant de retracer le parcours chaotique de l’ancien couple. Les plaintes de la part de la jeune femme à son égard se seraient multipliées au gré des placements de leur fille aînée chez une de ses grands-mères et des demandes de garde après le divorce. «Des dénonciations à tort et à travers», «une catastrophe pour les enfants», «cela dépasse largement les faits qui nous occupent d’aujourd’hui», explique l’avocat qui précise que la prolongation de la mesure d’éloignement n’a pas été accordée faute de signes de violences suffisants. «C’est une question d’appréciation.»

Selon lui, «il ne s’est rien passé» et son client doit être acquitté. «Nous ne sommes pas dans une situation habituelle des coups et blessures volontaires étant donné l’histoire du couple. (…) Le tribunal et le parquet ne sont pas là pour être instrumentalisés», lance-t-il. «Il n’y a pas de preuves de blessures, pas de témoins. Où est la vérité ?» Il demande au tribunal de ne pas prendre les témoignages des victimes présumées pour argent comptant. Juste avant, la représentante du parquet avait requis une peine de 12 mois de prison et une amende appropriée à l’encontre de Mike.

L’avocate de la jeune femme a rappelé qu’un hématome a bien été constaté par un médecin et qu’un autre a attesté que ses problèmes psychologiques découleraient de violences conjugales.

Le prononcé est fixé au 2 mars.

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