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Tentative d’assassinat à Luxembourg : « Donnez-moi ma peine ! »


Poursuivi pour une tentative d’assassinat en 2013 à Luxembourg, le prévenu, appelé mercredi à la barre de la chambre criminelle, n’a pas tourné autour du pot.

C’est plutôt atypique qu’un prévenu se présente devant le tribunal et avoue en intégralité avoir commis une tentative d’assassinat. Les faits remontent au 17 août 2013. Pour le trentenaire, le coup était bien prémédité, car avant de se rendre dans le quartier de la Gare, à Luxembourg, il avait acheté un couteau présentant une lame de 21cm. Il était également équipé d’un cutter et d’une fourchette.

« Donnez-moi ma peine et laissez-moi en paix! » Les mots du prévenu ne pouvaient pas être plus clairs, mercredi, devant les juges de la chambre criminelle. Ce dernier a bien avoué avoir eu l’intention de tuer quelqu’un du milieu de la drogue, afin de rentrer en prison. Le 17 août 2013, cela faisait à peine dix jours qu’il en était sorti. « Cela m’était égal qui j’allais attraper . Ma vie était détruite» , a-t-il déclaré, en faisant référence à un accident au cours duquel il avait été grièvement blessé. D’ailleurs, l’après-midi de la tentative d’assassinat, il se déplaçait avec des béquilles.

Âgé aujourd’hui de 38  ans, le prévenu n’a pas non plus caché au tribunal s’être rendu armé à Luxembourg. Il a expliqué qu’il s’était équipé d’un cutter, d’une fourchette, ainsi que d’un couteau de 21 cm. C’est ce dernier instrument qu’il avait employé pour attaquer sa victime vers 16h30 sur un parking situé au coin de la rue d’Épernay et de la rue du Fort-Wedell, à Luxembourg. Il l’avait poignardée à l’épaule gauche et au niveau du cou.

Grièvement blessée, la victime avait survécu grâce à une opération. Mais elle se trouvait également, mercredi, sur le banc des prévenus pour avoir vendu des produits stupéfiants. Car avant d’être poignardée, elle aurait filé deux boules d’héroïne à son agresseur. Le jeune homme de 28  ans est également en aveu aujourd’hui. « Les deux boules qui ont été trouvées sur l’agresseur correspondent au même lot que celles qu’on a trouvées sur la victime. Il y a eu vente, même si l’argent n’a pas circulé », a retenu le parquet dans son réquisitoire.

Un troisième homme, qui a observé la scène sur le parking le 17 août 2013, était appelé, mercredi, comme témoin. « Je l’ai juste vu sortir le couteau du sac à dos qui était posé à terre. » Il dit ne pas avoir vu s’il y avait eu remise de drogue ou non. D’une chose, il est néanmoins sûr : « Il n’y a pas eu de dispute ou de conversation avant les coups de couteau. Rien du tout. »

D’après l’enquêteur, la tentative d’assassinat a eu lieu dans le coin du parking qui n’était pas surveillé par une caméra.

«Une franchise donnant la chair de poule»

La plaidoirie de l’avocat à la défense de l’agresseur a été très courte. « Mon mandant vous a apporté tous les éléments sur un plateau », a retenu M e Philippe Stroesser, avant de relever sa franchise comme circonstance atténuante.

Mais le substitut principal, Robert Welter, interprète la franchise du prévenu différemment. « Elle me donne plutôt la chair de poule . C’est sa froideur effective montrée ici à l’audience. »

« Je constate qu’il n’a aucun regret, aucun remords », a, par ailleurs, constaté le substitut principal, avant de requérir vingt ans de réclusion contre le prévenu. À noter qu’entre 1997 et 2012 le prévenu a été condamné pour six affaires de vol. Ce qui lui fait au total 182  mois d’incarcération, soit plus de 15  ans.

Contre la victime poursuivie pour vente de produits stupéfiants, le parquet demande six mois de prison ferme. Dans sa plaidoirie, son avocat, Me Eric Says, avait soulevé que son mandant avait failli y laisser la vie et demandé d’ordonner la suspension du prononcé pour les faits qui lui sont reprochés. Le tribunal rendra son jugement le 14 octobre.

Fabienne Armborst

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