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Metz : il continue de harceler son ex-femme


En dépit de l’ordonnance de protection dont bénéficie la victime depuis le mois de mars, le quadragénaire a été interpellé à proximité de son domicile. (Photo : rl)

Un homme de 43 ans a été jugé pour non-respect des mesures d’une ordonnance de protection. Depuis qu’il était séparé de sa femme, il la harcelait pour lui soutirer de l’argent.

«C’est un vrai cauchemar, je m’en veux terriblement pour tout cela.» Il a beau dire, ce quadragénaire n’en finit plus de hanter le quotidien de son ex-épouse et de leurs enfants. Le couple est divorcé depuis 2020 et l’ex-femme du prévenu ne cesse de déposer des plaintes tant celui-ci continue de lui empoisonner la vie. 

«Il me réclame de l’argent pour acheter de la drogue», explique-t-elle. «C’est compliqué pour les enfants et pour moi», dit-elle. Et cela afin d’assouvir ses besoins en héroïne. La victime avait déjà déposé quatre plaintes.

Depuis mars 2026, elle bénéficie d’une ordonnance de protection. Il est interdit au prévenu de se rendre à son domicile, de paraître sur son lieu de travail ainsi que devant les établissements où sont scolarisés les deux enfants.

«Mon cerveau ne réfléchit plus»

En dépit de cela, le prévenu, endetté, sans domicile, et qui souffre d’une sévère addiction à l’héroïne et à l’alcool, harcèle son ex-épouse – quand il ne vient pas attendre ses enfants qui rentrent de l’école –, la plupart du temps dans un état second, pour leur soutirer de l’argent afin d’assouvir sa dépendance. «Dans les moments où j’ai très mal, mon cerveau ne réfléchit plus», admet-il.

Le 5 juillet, il a été interpellé, dans le quartier de l’Ancienne Ville, à Metz, à proximité du domicile de la victime. La veille, il avait sonné chez elle en continu une bonne partie de la soirée, en l’abreuvant d’appels et de messages culpabilisants. 

Trois jours plus tôt, il était parvenu à rentrer dans l’immeuble. Elle l’avait retrouvé dans les communs, au petit matin, ensanglanté des suites d’une bagarre. Elle avait cédé et l’avait dépanné d’une centaine d’euros. «Je n’ai plus de carte bleue, c’est elle qui gère tous les comptes en banque», a-t-il tenté.

«Que va-t-il falloir mettre en place pour qu’il reste à distance de son ex-femme et de ses enfants?», a demandé le conseil de la partie civile, Me Sarah Utard, rappelant que le prévenu s’était même introduit dans l’administration où travaille sa cliente.

«Pas par désir de vengeance»

«Tant qu’il ne sera pas soigné, les interdictions ne seront pas respectées», estime la représentante du parquet. Constatant que les mesures de sursis probatoire dont il avait écopé par le passé n’avaient pas été investies, elle a requis une peine de 12 mois d’emprisonnement avec maintien en détention ainsi que les interdictions de contact, de paraître au domicile et en Moselle pendant trois ans.

«Quand il la contacte, ce n’est pas par désir de vengeance, mais parce qu’il est en manque. Il lui faut une dose et il n’a pas les moyens de se la procurer», a rappelé l’avocate de la défense, Me Amandine Royer. «La détention ne réglera pas son problème d’addiction.»

Le quadragénaire écope d’une peine de 10 mois d’emprisonnement avec maintien en détention, d’une interdiction de contact et de paraître au domicile de la victime et plus généralement dans le département pendant trois ans. Il devra, en outre s’acquitter de la somme de 500 euros au titre du préjudice moral.

Le Républicain lorrain

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