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Escalade meurtrière et turbulences politiques


À Kiev, des manifestants protestent contre le limogeage du ministre de la Défense Mykhailo Fedorov. (Photo : afp)

Alors que des frappes ont fait au moins 13 morts civils des deux côtés, la tension monte à Kiev après le limogeage du ministre de la Défense, tandis qu’en Russie, l’opposant Boris Nadejdine renonce aux élections.

Plus de quatre ans après le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine, les frappes des deux côtés du front montent en puissance et font un nombre toujours croissant de victimes civiles ce lundi.

Dans la région russe de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, «cinq civils innocents» ont perdu la vie dans une attaque de drone ukrainien ayant visé un autobus, a annoncé le gouverneur Alexandre Choumaïev. Les victimes sont quatre femmes et un garçon, a-t-il précisé, accusant les forces ukrainiennes d’avoir pris pour cible «délibérément» le véhicule qui circulait dans la ville de Chebekino, située à moins de 10 km de la frontière ukrainienne.

En Ukraine, des frappes russes ont fait au moins huit morts et une quarantaine de blessés dans plusieurs régions, ont rapporté les autorités locales. Dans la région d’Odessa, un bombardement a notamment visé une «entreprise civile» a fait au moins trois morts et six blessés, a rapporté le chef de l’administration régionale Oleg Kiper.

Des manifestations à Kiev 

Outre le conflit militaire, la capitale ukrainienne est également touchée dans une période d’instabilité politique. Pour le quatrième jour consécutif, des manifestants se sont rassemblés à Kiev et dans d’autres villes lundi afin de dénoncer le limogeage du ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov et réclamer la démission du commandant en chef de l’armée Oleksandr Syrsky.

Populaire auprès de la population et apprécié des alliés occidentaux de l’Ukraine, Mykhaïlo Fedorov a annoncé sa démission en expliquant être entré en conflit avec le commandant en chef de l’armée ukrainienne, Oleksandr Syrsky, qui privilégie une approche plus traditionnelle des opérations militaires.

Volodymyr Zelensky a donné peu d’explications sur sa décision de remplacer Mykhaïlo Fedorov par l’intérim d’Ievguen Khmara, un responsable discret des services de sécurité ukrainiens (SBU) inconnu en politique. Le président ukrainien dit vouloir préserver l’«unité» du commandement militaire en pleine guerre, «entendre» la population et promettre «des décisions concernant l’armée».

L’opposant de Poutine se rétracte

En Russie, l’opposant Boris Nadejdine a annoncé qu’il renonçait à se présenter aux élections législatives de septembre, disant être «réduit au silence» et «poussé hors de la politique». Ce dernier fait partie des rares personnes à dénoncer publiquement le chef de l’État Vladimir Poutine et l’offensive en Ukraine sans être emprisonné.

«Ma capacité à faire légalement de la politique dans l’opposition en Russie est épuisée. J’espère que ce n’est que temporaire», a-t-il écrit sur Telegram, expliquant que selon le code électoral, son statut d’«agent de l’étranger» et sa condamnation excluent «toute possibilité d’être élu à la Douma». «Je ne suis pas prêt à mettre en danger ceux qui me soutiennent», a-t-il poursuivi, avant d’ajouter: «Nous ne déposerons pas auprès de la commission électorale les centaines et centaines de signatures que nous avons recueillies.»

La campagne de cet homme de 63 ans était fortement compromise depuis qu’il a été déclaré «agent de l’étranger» la semaine dernière, puis brièvement arrêté lundi et condamné à une amende de 1 000 roubles pour «démonstration de symboles extrémistes».

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