Un dispositif de sécurité hors norme sera déployé durant les quatre jours de la visite du pape Léon XIV en France, avec une attention toute particulière pour la séquence parisienne, vendredi et samedi, qui devrait drainer un million de personnes.
A événement exceptionnel – un pape n’est pas venu à Paris depuis 2008 -, «dispositif exceptionnel», selon les mots du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Au total 14 000 policiers, gendarmes et militaires de l’opération Sentinelle ainsi que 2 500 sapeurs-pompiers seront mobilisés le vendredi, au premier jour de la visite papale. Ils seront 12 000 le lendemain et autant de sapeurs-pompiers que le vendredi. Un millier de membres de forces de l’ordre seront déployés à Lourdes où est attendu samedi Léon XIV qui achèvera lundi à Metz son périple dans l’Hexagone.
Pour les services de sécurité, il s’agit d’un «défi en soi», même si aucune menace particulière n’a été identifiée à ce stade concernant cet événement, comme l’ont assuré Laurent Nuñez et le préfet de police de Paris Patrice Faure. «On ne peut pas imaginer qu’il se passe quelque chose et nous ferons tout pour l’empêcher», confie un policier de haut rang. Un autre, ayant requis également l’anonymat, évoque des actions possibles de Femen ou de collectifs engagés contre les abus sexuels.
Cette visite sera scrutée par la communauté catholique du monde entier qui compte près d’un milliard et demi de baptisés. La préfecture de police de Paris (PP) est habituée à gérer des grands événements, à commencer par les Jeux olympiques de 2024 qui représentaient un défi sécuritaire dont elle est sortie auréolée.
L’autoroute fermée pour l’occasion
Comme pour les JO, l’enjeu est surtout la gestion des flux, de personnes – «un million sans doute», selon la porte-parole de la PP Hélène Denéchère, mais aussi des véhicules (cars, etc). «C’est de l’horlogerie: notre priorité, c’est d’assurer une sécurité maximale tout en minimisant l’impact sur la vie quotidienne des Parisiens», explique Patrice Faure, pour qui il ne s’agit «pas de gérer un événement religieux, mais un événement d’ordre public.»
«L’objectif de la préfecture de police est de permettre au public de profiter pleinement de ces moments et d’accueillir avec fierté le souverain pontife et en même temps limiter la durée des contraintes» pour les Parisiens pendant cette visite. Le souverain pontife est attendu vendredi à l’aéroport d’Orly où il sera accueilli par le président Emmanuel Macron. Le cortège papal sera escorté par les forces de l’ordre sur une autoroute fermée à la circulation pour l’occasion.
Un énorme flux de public est attendu dans la capitale : 600 000 personnes de la place de la Concorde, où Léon XIV officiera samedi pour une messe en plein air, aux Champs-Elysées, à la place de l’Etoile et jusqu’à l’avenue de la Grande Armée. Jusqu’à 250 000 personnes devraient se masser vendredi sur le trajet de la papamobile avant l’office des vêpres à Notre-Dame, et 80 000 jeunes seront présents au Stade de France à Saint-Denis pour la veillée le même jour.
Plus d’une centaine de cars sont prévus pour acheminer le public au Stade de France. Il y en aura plus d’un millier le lendemain pour la messe. Les accès sont gérés par le diocèse, qui a mis en place des QR codes pour accéder aux emplacements prévus sur les Champs-Elysées, place de la Concorde et avenue de la Grande armée. La déambulation du pape dans sa papamobile dans Paris, le long d’un parcours barriéré, devrait durer une heure. Une bulle de sécurité constituée de policiers à pied sera formée autour du véhicule papal qui circulera au pas.
La navigation sur la Seine sera interdite durant la séquence Notre-Dame. En outre, des drones et un dispositif anti-drones en lien avec l’armée de l’air seront déployés et des tireurs d’élite seront sur tous les points hauts des différentes séquences parisiennes.