Ce répit exceptionnel est circonscrit alors que Kiev et Moscou poursuivent par ailleurs leurs frappes.
Cette trêve qui a débuté mardi matin a permis l’évacuation d’habitants de cette ville située sur la ligne de front dans la région de Kherson, aux accès minés, sous le feu croisé des drones russes et ukrainiens, et en proie depuis des mois à de graves pénuries.
Il s’agit du plus long cessez-le-feu depuis le début de l’invasion russe à grande échelle de l’Ukraine déclenchée en février 2022. Ni Kiev ni Moscou n’ont fait état de violation de l’accord, à la différence d’autres cessez-le-feu partiels, notamment à l’occasion des Pâques orthodoxes.
La Russie a refusé une proposition de l’Ukraine d’étendre ce cessez-le-feu, selon les déclarations d’un haut responsable de la présidence ukrainienne.
La trêve s’est étendue au-delà d’Olechky afin de permettre l’acheminement d’aide humanitaire et le départ des personnes évacuées, offrant également à la ville de Kherson, située sur la rive opposée du Dniepr, une bouffée d’oxygène.
Les forces armées ukrainiennes ont dit avoir également profité de la trêve pour évacuer 167 autres civils, dont 22 enfants, d’autres zones de la région ravagées par les combats.
Le pape Léon XIV, qui avait lui-même soutenu l’idée d’une trêve humanitaire à Olechky, a dit espérer que cette coopération entre Kiev et Moscou «renforcera la volonté de dialogue et conduira à de nouvelles initiatives concrètes en faveur de la paix».
«Ça va être l’enfer»
Pour autant, toutes les personnes rencontrées à Kherson s’attendaient sans illusion à une reprise immédiate de la guerre dès la fin du cessez-le-feu dimanche soir. «Ça va être l’enfer, encore pire qu’avant», prédit une source militaire locale, qui souhaite garder l’anonymat.
La Russie comme l’Ukraine ont par ailleurs continué leurs frappes en dehors de la zone du cessez-le-feu.
Des frappes russes dimanche ont fait trois morts, dont une adolescente de 13 ans, dans les régions de Vinnytsia (centre) et Soumy (nord), selon les autorités ukrainiennes.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dénoncé plus tôt dimanche des frappes russes nocturnes sur les installations énergétiques du pays qui ont laissé «des centaines de milliers de familles sans électricité».
L’Ukraine continue également de viser la Russie et les territoires occupés, notamment les infrastructures pétrolières. Les autorités installées par Moscou ont fait état de cinq morts dans des frappes ukrainiennes entre samedi soir et dimanche.
Les autorités russes ont également fait état de frappes contre un site industriel dans la région de Nijni Novgorod, à l’est de Moscou.