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Le nouveau chef d’état-major Claude Robinet aux commandes


Une accolade a ponctué la passation des pouvoirs entre le général Steve Thull (à d.) et son successeur Claude Robinet. (Photo : hervé montaigu)

Une cérémonie solennelle a scellé la passation des pouvoirs à la tête de l’armée entre le chef d’état-major, Steve Thull, et son successeur, Claude Robinet. D’importants défis attendent le nouveau général.

Deux moments forts ont marqué cette cérémonie organisée lundi, en début d’après-midi, à Mersch. Le chef d’état-major, Steve Thull, a passé une dernière fois en revue ses troupes avant de remettre, symboliquement, la fonction de chef de l’armée au lieutenant-colonel Claude Robinet. Une accolade entre les deux hommes a ponctué cette passation des pouvoirs, ouvrant un nouveau chapitre pour les forces armées du Grand-Duché.

Début mars, la ministre de la Défense, Yuriko Backes, avait proposé au Grand-Duc Guillaume la nomination de Claude Robinet comme nouveau chef d’état-major, dans la foulée de l’annonce par le général Steve Thull qu’il faisait valoir ses droits à la retraite. Il avait pris ses fonctions le 29 septembre 2020 et quitte l’armée au bout d’une carrière de près de 40 ans.

Le chef hiérarchique sortant a posé les bases pour bâtir une armée qui se trouve face à d’importants nouveau défis, rendus encore plus importants et pressants après le début de la guerre d’agression russe contre l’Ukraine, fin février 2022.

En tant que chef d’état-major, Steve Thull a notamment supervisé la mise en service de l’avion de transport militaire A400M, le développement d’une unité de drones, la commande et l’arrivée progressive de nouveaux blindés ainsi que les investissements renforcés dans la cyberdéfense et l’espace. S’y ajoutent les travaux préparatifs pour le bataillon binational belgo-luxembourgeois.

Le tout s’est accompagné par la décision du gouvernement d’anticiper la hausse de l’effort de défense, d’abord à 2 % du revenu national brut (RNB), rapidement suivie par l’engagement d’investir, à l’horizon 2035, jusqu’à 5 % du RNB. Les exigences financières de l’OTAN s’accompagnent de nouveaux objectifs capacitaires à remplir, dont la défense aérienne et antimissile intégrée.

Dans son discours, le général Thull a rappelé que l’Armée luxembourgeoise a connu une hausse de de 45% de ses effectifs depuis 2020, pour atteindre aujourd’hui 1 450 soldats et membres de l’appareil administratif.

Un effort de défense en forte hausse

Il reviendra à son successeur Claude Robinet de consolider les efforts déjà entrepris tout en préparant un avenir caractérisée par une évolution rapide de la conduite des opérations militaires.

Le nouveau chef d’état-major s’est donné un slogan : «Let’s DO IT Arméi». Avec le «D» qui représente la diversification des troupes, le «O» pour la capacité opérationnelle, le «I» pour l’intégrité et le «T» pour les nouvelles technologies que sont l’intelligence artificielle, la robotique et le «cloud computing».

Pour atteindre ses objectifs capacitaires, la Défense luxembourgeoise pourra compter, selon les derniers chiffres disponibles, sur un budget de 1,373 milliard en 2027, 1,513 milliard en 2028 et 1,665 milliard d’euros en 2029. Des investissements qui devront être accompagnés par un doublement de l’effectif d’ici 2035.

Claude Robinet était jusqu’à présent chef du département «Transformation» de l’armée. Il a effectué ses études à l’École royale militaire de Bruxelles, à l’École d’état-major à Compiègne (France) et à la National Defense University à Washington. Il a également participé à des missions de l’OTAN au Kosovo et en Afghanistan.

Mardi matin, le nouveau chef d’état-major, officiellement en poste à partir de ce mercredi 1er octobre, fera déjà partie de la délégation officielle qui accueillera le président finlandais, Alexander Stubb, en visite d’État au Luxembourg.

 

Le Grand-Duc demeure le commandant de l’armée

L’article 53 de la Constitution révisée de juillet 2023 attribue toujours le titre de commandant de l’armée au chef de l’État. «Ce commandement est exercé sous la responsabilité du gouvernement», précise toutefois la loi suprême. En d’autres termes : le Grand-Duc Guillaume est au sommet de la hiérarchie militaire sur le plan constitutionnel, mais la politique de défense et la conduite effective de l’armée relèvent du gouvernement et de la chaîne de commandement militaire, avec à sa tête le chef d’état-major.

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