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Royaume-Uni : ça commence bien pour Burnham


À peine en poste que sa première mesure est déjà jugée impopulaire. (Photo : afp)

ROYAUME-UNI À peine arrivé à Downing Street, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, voit sa première mesure contre la vie chère contestée. Ses marges budgétaires sont étroites.

«J’ai dit que je voulais donner aux gens un peu de répit, et c’est ce que j’annonce à mon deuxième jour comme Premier ministre», a déclaré le nouvel homme fort du Royaume-Uni mardi dans un communiqué. 

Face à une croissance poussive et un pouvoir d’achat sous pression, il avait promis dès lundi de «réindustrialiser le Royaume-Uni en utilisant la commande publique» et d’apporter aux Britanniques «un peu d’aide face au coût de la vie». Mais ses marges budgétaires sont étroites. 

Le coup de pouce fiscal annoncé mardi, qui doit permettre de réduire la facture d’électricité d’un ménage moyen de 45 livres (53 euros) par an, coûtera 850 millions de livres (1 milliard d’euros) cette année à l’État, selon les estimations du gouvernement. 

Il sera financé par l’abandon d’un projet de carte d’identité numérique (Digital ID), permettant de dégager 1,8 milliard de livres (2,1 milliards d’euros) sur trois ans. Cet argument est toutefois contesté. «Le programme Digital ID n’était pas financé», a affirmé mardi sur X Darren Jones, un fidèle de l’ex-Premier ministre Keir Starmer et l’un des principaux membres du cabinet sortant, appelant le gouvernement à détailler le financement de ses nouvelles mesures. 

L’Office for Budget Responsibility (OBR), qui établit les prévisions économiques officielles du Royaume-Uni, relevait déjà dans son analyse du dernier budget qu’aucun financement spécifique n’a été identifié pour ce programme. 

Resolution Foundation estime de même que la suppression de la TVA sur l’électricité n’est pas entièrement financée et amenuise encore la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement. Une analyse partagée par l’Institute for Fiscal Studies (IFS), qui juge que la mesure accroît les tensions sur des finances publiques déjà sous pression. 

Dette élevée

Ces interrogations interviennent alors que les marchés surveillent de près la situation budgétaire du Royaume-Uni et les premières décisions du nouveau gouvernement. Toute la classe politique britannique a encore en tête l’envolée brutale des taux d’intérêt qui avait suivi des annonces budgétaires massives et non financées de l’éphémère gouvernement conservateur de Liz Truss en 2022. 

«Les signes d’un desserrement budgétaire ne manquent pas», estime Neil Wilson, de la plateforme Saxo, pour qui «des promesses qui semblent pour l’instant non financées risquent fort de susciter une prime de risque budgétaire».  «Le message politique est ambitieux; le message sur le financement reste encore incomplet», renchérit Patrick Munelly, analyste pour Tickmill Group. 

S’il a dit vouloir faire usage de la flexibilité permise par les règles d’équilibre budgétaires du gouvernement, Andy Burnham a répété qu’il respecterait la ligne de discipline budgétaire imprimée par la précédente ministre des Finances Rachel Reeves. Il a nommé pour lui succéder le vétéran du Parti travailliste britannique John Healey, ancien ministre de la Défense de l’ex-Premier ministre Keir Starmer. 

Les dernières statistiques des finances publiques montrent que la dette britannique demeure élevée, à environ 95 % du PIB, au moment où la guerre en Iran a ravivé les craintes inflationnistes en faisant grimper les prix du pétrole et du gaz. 

Le marché du travail montre lui aussi des signes de faiblesse : le taux de chômage s’est maintenu à 4,9 % au cours des trois mois achevés fin mai, selon les données publiées mardi par l’Office national des statistiques (ONS). 

Pour l’instant, le marché garde son flegme : après avoir légèrement progressé la veille, les rendements des obligations britanniques à dix ans étaient en légère hausse mardi.

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