Alors que l’Ukraine a frappé samedi la station de pompage de pétrole qui approvisionne Moscou, le président russe a déclaré ce dimanche qu’il assurerait la sécurité du pays.
Le président Vladimir Poutine a promis ce dimanche d’«assurer la sécurité» du pays et de faire face aux «défis», alors que Kiev poursuit ses attaques sur les infrastructures militaires et d’hydrocarbures russes pour tenter d’affaiblir l’effort de guerre de Moscou.
«Nous voyons les problèmes. Nous les reconnaissons et nous y répondons. Mais nous assurerons sans aucun doute la sécurité du pays et de nos citoyens», a-t-il affirmé lors d’un congrès de son parti, Russie Unie, réuni en vue des élections législatives de septembre.
«Nous relèverons sans aucun doute tous les défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui, y compris les attaques terroristes contre notre territoire et nos infrastructures», a-t-il ajouté, en référence aux frappes de Kiev sur son territoire.
Des représailles aux bombardements russes
L’Ukraine a intensifié ces derniers mois sa campagne de frappes en Russie et dans les régions d’Ukraine sous contrôle russe, qu’elle qualifie de représailles face aux bombardements de Moscou qui l’endeuillent quasi quotidiennement depuis le début de l’offensive russe à pleine échelle, déclenchée en février 2022. La capitale ukrainienne a encore été visée par une offensive aérienne russe au cours de la nuit de samedi à dimanche, faisant au moins deux blessés.
Kiev vise en particulier les infrastructures énergétiques, afin de tarir la manne des hydrocarbures qui permet au Kremlin de financer son effort de guerre.
Le président russe s’exprimait quelques heures après une attaque «massive» de drones ukrainiens sur la région de Krasnodar (sud-ouest) qui a fait un mort et provoqué un incendie dans la grande raffinerie de Slaviansk-sur-Kouban, selon le gouverneur régional, Veniamine Kondratiev.
Le 18 juin, une attaque sur une raffinerie majeure de Moscou avait déjà provoqué des explosions et un incendie spectaculaires. Et samedi, les forces ukrainiennes ont frappé pour la deuxième fois au cours du mois de juin la station de pompage de pétrole de Vtorovo, à environ 700 km de la frontière orientale de l’Ukraine et qui approvisionne la région de Moscou en carburant.
«Un nouveau pas vers la paix»
La péninsule de Crimée, annexée en 2014 par Moscou, a été placée vendredi en «situation d’urgence» à cause des vagues de frappes de Kiev qui ont notamment contraint les autorités à suspendre la vente de carburant aux particuliers et à instaurer des coupures d’électricité.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé dimanche que ces frappes «signifient moins de ressources pour la machine de guerre russe et un nouveau pas vers la paix», dans un message sur les réseaux sociaux revendiquant des frappes sur les raffineries de Slaviansk-sur-Kouban et dans la région de Iaroslavl, au nord de Moscou.
Les efforts diplomatiques sous médiation américaine pour mettre fin à ce conflit, le plus sanglant en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, sont pour l’instant à l’arrêt.