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Orpea, un groupe dans la tourmente depuis le début de l’année


Le 30 janvier, le directeur général d'Orpea, Yves Le Masne, a été démis de ses fonctions. (Photo : AFP)

Des révélations « révoltantes », un patron limogé, de multiples plaintes: plongé dans la tourmente depuis la publication en janvier du livre-enquête « Les Fossoyeurs », le groupe Orpea tiendra jeudi son assemblée générale. Retour sur les principaux événements de l’affaire.

« Les Fossoyeurs »: le séisme

Le groupe Orpea, présent dans 23 pays et qui gère plus de 350 établissements pour personnes âgées dépendantes en France, est mis en cause dans le livre-enquête « Les Fossoyeurs », publié le 26 janvier par Victor Castanet. Le journaliste dénonce une maltraitance des résidents, un usage abusif des fonds publics et des manquements dans la gestion du personnel.

Les réactions indignées s’enchaînent. Le porte-parole du gouvernement d’alors, Gabriel Attal, évoque des révélations « absolument révoltantes » si elles sont avérées. Pour Orpea, il s’agit toutefois d’accusations « mensongères, outrageantes et préjudiciables ».

Le titre du groupe français plonge à la Bourse de Paris. Le 30 janvier, son directeur général, Yves Le Masne, est démis de ses fonctions. Le président non exécutif du conseil d’administration, Philippe Charrier, devient président directeur général de la société.

Le gouvernement réclame des comptes

Début février, le gouvernement annonce qu’il lance deux enquêtes administratives sur Orpea. Elles sont confiées à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et à l’inspection générales des finances (IGF).

Nourriture « insuffisante », documents financiers « insincères », excédents budgétaires dégagés sur les dotations publiques: un rapport de plus de 500 pages, rendu public début avril, pointe de graves dysfonctionnements. L’Etat émet un signalement à la justice. Le groupe promet des mesures correctives. Au Parlement, députés et sénateurs lancent des séries d’auditions.

De son côté, Orpea mandate en février les cabinets indépendants Grant Thornton et Alvarez & Marsal pour évaluer les accusations du livre-enquête. Leurs conclusions définitives confirment le 29 juin des dysfonctionnements.

Plaintes et enquête

Une enquête est ouverte à Nanterre fin avril, après le signalement gouvernemental. Orpea est soupçonné de maltraitance institutionnelle et d’infractions financières. Elle est jointe à d’autres investigations pour « faux et usage de faux » et pour des infractions à la législation du travail, lancées en février, à la suite d’une plainte au nom de quatre personnes.

Les enquêteurs creusent également plus d’une quarantaine de plaintes, dont la majorité a été déposée de manière groupée début avril par des familles de résidents, qui accusent Orpea de « mise en danger de la vie d’autrui » et d' »homicide involontaire ».

La CGT et la CFDT ont aussi déposé plainte au pénal chacune de leur côté, fin juin et début juillet, pour plusieurs infractions concernant les contrats de travail et la vie syndicale au sein du groupe.

Dans une procédure civile séparée, CGT, CFDT et FO ont demandé l’annulation des élections professionnelles, qu’elles estiment avoir été manipulées par la direction. La justice rendra sa décision le 12 septembre. Parallèlement, Orpea a porté plainte contre X et une enquête préliminaire a été ouverte mi-mai, notamment pour abus de biens sociaux.

Déboires financiers

Orpea, endetté, se trouve dans une situation financière délicate après les révélations. Le groupe annonce le 13 mai avoir signé un accord avec ses banques pour assurer son financement dans un contexte incertain. Il s’attend « à faire face à des charges exceptionnelles liées à la gestion de la crise et de ses conséquences ». Il a provisionné 83 millions d’euros, ce qui a contribué à faire plonger de près de 60% son bénéfice net annuel 2021. A la Bourse de Paris, son titre ne cesse de dégringoler: il a perdu environ 75% de sa valeur depuis le début de l’année.

Vers une nouvelle gouvernance

Début mai, Orpea annonce la nomination d’un nouveau directeur général. Laurent Guillot, qui a effectué l’essentiel de sa carrière chez le fabricant de matériaux de construction Saint-Gobain, a pris ses fonctions le 1er juillet.

« Un profond renouvellement » du conseil d’administration sera également proposé aux actionnaires lors de l’assemblée générale du 28 juillet, avec l’arrivée de cinq nouveaux administrateurs indépendants. Parmi eux, Guillaume Pepy, l’ancien PDG de la SNCF, qui sera proposé pour assurer la présidence du conseil. Philippe Charrier, qui présidait le conseil avant le scandale, a « choisi de mettre un terme à son mandat d’administrateur ».

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