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Migrants : l’UE divisée après des incidents à la frontière greco-macédonienne


Une femme tombée à terre tandis que la police macédonienne tire des gaz lacrymogènes contre des migrants à la frontière le 29 février 2016. (Photo : AFP)

La tension à la frontière gréco-macédonienne est montée d’un cran lundi après que la police macédonienne eut tiré des gaz lacrymogènes contre des centaines de migrants qui tentaient de forcer la barrière frontalière pour protester contre la fermeture des frontières, un sujet qui divise l’UE.

Plus de 7 000 migrants et réfugiés restaient bloqués lundi au poste grec d’Idomeni après des restrictions imposées par plusieurs pays dont la Macédoine sur le nombre des personnes autorisées à entrer sur leurs territoires. Alors que dimanche la Macédoine n’avait laissé quasiment aucun migrant traverser, lundi à l’aube, 300 Irakiens et Syriens ont finalement pu entrer en Macédoine.

A la mi-journée, un autre groupe de 300 Irakiens et Syriens, dont des femmes et enfants, ont forcé un cordon policier grec et enfoncé une partie de la barrière de barbelés marquant la frontière avec la Macédoine. Les policiers macédoniens ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes pour faire reculer les migrants et les empêcher d’entrer sur leur territoire.

Selon l’ONG Médecins du monde (MDM) sur place, «au moins 30 personnes ont demandé à être soignées, dont de nombreux enfants». Selon MDM, le nombre actuel de migrants à Idoméni est quatre fois plus élevé que la capacité des deux camps installés près du poste-frontière et de nombreuses personnes doivent dormir dans les champs.

Abdaljalil, un Syrien de 22 ans originaire d’Alep, se dit désespéré: «Personne ne nous explique pourquoi nous ne pouvons pas traverser. C’est très difficile ici, il n’y a ni place ni nourriture (…) et je ne peux pas rentrer à Alep». La Macédoine est le premier pays sur la route des Balkans, empruntée par les migrants qui arrivent sur les îles grecques en provenance des côtes turques et veulent rejoindre les pays de l’Europe centrale et du Nord.

« Plan d’urgence »

Après l’Autriche, premier pays à avoir imposé des quotas, la Croatie, la Slovénie, membres de l’UE, ainsi que la Macédoine et la Serbie ont décidé à leur tour la semaine dernière de limiter le nombre de migrants autorisés sur leurs territoires, provoquant des protestations d’Athènes. La Grèce a averti qu’entre 50 000 et 70 000 personnes risquaient d’être bloquées dans le pays en mars contre 22 000 actuellement. La chancelière Angela Merkel a regretté dimanche la décision «unilatérale» de l’Autriche, prise avant une réunion ministérielle européenne jeudi dernier à Bruxelles.

«Pouvez-vous sérieusement croire que les pays de (la zone) Euro ont combattu jusqu’au bout pour que la Grèce reste dans l’Euro (…) pour qu’un an plus tard, au final, on laisse pour ainsi dire la Grèce plonger dans le chaos?», a lancé Mme Merkel. L’Autriche n’a «de leçon à recevoir de personne», a répliqué la ministre de l’Intérieur autrichienne, Johanna Mikl-Leitner, rappelant que c’est l’Allemagne qui, sans l’afficher, a commencé dès décembre à filtrer les migrants à sa frontière autrichienne.

Alors que les dissensions s’exacerbent au sein de l’UE, Mina Andreeva, porte-parole de la Commission européenne, a annoncé lundi qu’«un plan d’urgence était en train d’être élaborer pour aider la Grèce» ainsi que d’autres pays de l’Europe de l’ouest «afin de prévenir une éventuelle crise humanitaire». L’UE «utilise tous les instruments disponibles pour renforcer les capacités de réception, de relocalisation et de gestion du problème aux frontières», a-t-elle assuré.

A Athènes, une réunion extraordinaire était prévue lundi après-midi entre le ministère de l’Intérieur et l’Union des mairies du pays (Kede) pour gérer le problème d’infrastructures d’accueil. Outre les centres de tri et d’enregistrement (hotspots) installés sur les îles grecques, deux camps d’accueil ont récemment été inaugurés en Grèce continentale, d’une capacité de 2.000 personnes chacun actuellement. D’anciens sites olympiques à Hellinikon, banlieue sud d’Athènes, ont également été mis à la disposition de migrants.

En France, les autorités ont commencé lundi à démanteler une partie du plus grand camp de migrants du pays, la «Jungle» de Calais (nord) où survivent entre 3 700 et 7 000 personnes, selon les sources. L’évacuation de la zone sud du camp, contestée par les migrants et les associations, avait été autorisée jeudi par la justice administrative, avec pour conséquence le rétablissement par la Belgique voisine des contrôles à sa frontière. Les migrants évacués de la «Jungle» doivent être relogés dans des centres d’accueil à Calais ou ailleurs en France.

AFP

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