L’accalmie est précaire dans la région du Golfe où Téhéran attend une éventuelle attaque américaine alors que les pourparlers patinent toujours.
L’Iran a estimé mercredi que les États-Unis veulent «une nouvelle guerre» et promettent une «réponse musclée» qui s’étendra bien au-delà du Moyen-Orient, après la menace de Donald Trump de reprendre les hostilités faute de percée des négociations de paix. Le président américain a toutefois laissé la porte ouverte à la diplomatie, affirmant «ne pas être pressé».
«Nous sommes dans la dernière phase des négociations», a-t-il déclaré aux journalistes, depuis la base militaire d’Andrews (Maryland). «Nous verrons bien ce qui va se passer. Soit nous parviendrons à un accord, soit nous prendrons des mesures un peu plus sévères. Mais j’espère que cela n’arrivera pas.»
La veille, il avait dit donner à Téhéran «deux ou trois jours, peut-être vendredi, samedi, dimanche, quelque chose comme ça, peut-être au début de la semaine prochaine». Derrière la rhétorique martiale, l’espoir d’avancées des négociations a fait chuter les cours du pétrole et donné des couleurs aux Bourses, les marchés européens terminant en nette hausse.
«Intimidation» des États-Unis
Depuis l’entrée en vigueur d’une fragile trêve le 8 avril après plus d’un mois de guerre, les discussions piétinent, les deux pays campent sur leurs positions et multiplient les invectives. Une seule séance de négociations, infructueuse, s’est tenue le 11 avril au Pakistan, médiateur des discussions, et désormais les tractations se poursuivent en coulisses. Le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsen Naqvi, s’est à nouveau rendu mercredi à Téhéran pour rencontrer des hauts responsables de la république islamique, selon l’agence officielle IRNA.
Face aux tergiversations américaines, l’Iran a affiché mercredi son scepticisme. «Les manœuvres de l’ennemi, tant publiques qu’en coulisses, montrent que, malgré les pressions économiques et politiques, il n’a pas renoncé à ses objectifs militaires et cherche à déclencher une nouvelle guerre», a estimé le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. «L’Iran ne cédera jamais à l’intimidation» et doit «renforcer ses préparatifs afin d’apporter une réponse musclée à toute nouvelle attaque», a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.
Les gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique, avaient mis en garde plus tôt contre l’extension de la guerre «bien au-delà de la région» en cas de nouvelle attaque.