Pékin et Pyongyang ont adopté une «feuille de route ambitieuse» pour leurs relations bilatérales lors de la toute récente visite du président chinois, Xi Jinping, en Corée du Nord, a rapporté mercredi l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.
Le président chinois, Xi Jinping, a effectué lundi et mardi sa première visite en Corée du Nord depuis 2019, après avoir accueilli à Pékin les présidents américain et russe il y a quelques semaines. Xi Jinping et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un «ont exprimé leur satisfaction et leur profonde émotion d’avoir établi une feuille de route ambitieuse pour le développement des relations», a indiqué KCNA mercredi.
Les deux chefs d’État ont visité mardi l’École centrale de formation des cadres du Parti des travailleurs de Corée et planté un arbre commémoratif, avant de se recueillir devant la Tour de l’Amitié, mémorial érigé en hommage aux soldats chinois morts pendant la guerre de Corée (1950-1953), selon le compte rendu du média d’État. Ils ont également assisté ensemble à un spectacle musical, où s’affichait le message : «Je t’aime, mon amour pour la Chine».
À l’issue du voyage, Xi Jinping a évoqué dans une lettre de remerciements «une série d’importants points de convergence», qui «témoignent de la ferme détermination des deux parties (…) à défendre paix et stabilité dans la région et dans le reste du monde», a ajouté KCNA. Selon les médias officiels chinois, Xi Jinping a par ailleurs appelé à «renforcer les échanges diplomatiques, policiers et militaires» ainsi que la coopération économique.
Ce voyage est intervenu alors que Pyongyang s’est considérablement rapproché de Moscou ces dernières années, notamment avec l’envoi de soldats nord-coréens pour soutenir les troupes russes contre l’Ukraine. Pour autant, la Chine demeure de loin le principal partenaire commercial de la Corée du Nord et un soutien diplomatique essentiel pour ce pays frappé de sanctions internationales.
Dénucléariser la Corée du Nord
Les deux pays ont également une alliance militaire fondée sur un traité de 1961 qui les oblige à porter secours à l’autre en cas d’attaque armée. Selon Hong Min, analyste à l’Institut coréen pour l’unification nationale, Pékin semble vouloir, par le biais du partage d’informations dans le secteur militaire, «évaluer directement les évolutions technologiques au sein de l’armée nord-coréenne et l’état des transferts de technologie russes».
La Chine souhaite «recueillir des renseignements afin de surveiller l’évolution des réseaux pro-russes et pro-chinois au sein de l’armée nord-coréenne», estime-t-il.
Les comptes rendus officiels de la visite de Xi Jinping ne mentionnent pas le programme d’armement nucléaire de Pyongyang, qui continue de le développer en le qualifiant d’«irréversible».
Selon la Maison-Blanche, Xi Jinping et le président américain, Donald Trump, avaient «confirmé leur objectif commun de dénucléarisation de la Corée du Nord» lors de leur récent sommet le mois dernier, sans que Pékin n’en fasse état de son côté.