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Doutes sur la revendication par l’EI d’une attaque meurtrière à Jérusalem


Des soldats israéliens ferment une route près de Ramallah, le 17 juin, après l'attaque de policiers israéliens par des Palestiniens à Jérusalem. (photo AFP)

L’organisation jihadiste Etat islamique et le mouvement palestinien Hamas se disputent la paternité de l’attaque perpétrée vendredi soir à Jérusalem, laissant les services israéliens dans le doute.

Trois Palestiniens ont attaqué au couteau et à l’arme à feu des policiers israéliens déployés auprès de la Vieille ville de Jérusalem, poignardant mortellement une policière de 23 ans, Hadas Malka, avant d’être abattus.

L’Etat islamique (EI) a revendiqué l’opération dans un communiqué mis en ligne, et prévenu qu’elle ne serait « pas la dernière ».

Alors que les Territoires palestiniens et Israël ont été le théâtre de centaines d’attaques anti-israéliennes depuis 2015, c’est la première fois que l’EI revendique un acte meurtrier à Jérusalem.

Le Hamas et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), deux organisations ennemies d’Israël, ont aussitôt réfuté ces déclarations. Sans revendiquer la paternité de l’attentat, ils ont indiqué que les auteurs, Bara Ata, 18 ans, Oussama Ata, 19 ans, et Adel Ankouch, 18 ans, étaient issus de leurs rangs.

Le Hamas et le FPLP ont inscrit leur action dans la continuité de la « résistance » palestinienne à Israël et des centaines d’attaques des derniers mois. L’EI essaie de « brouiller les cartes », a dit le Hamas.

Les services israéliens se montraient circonspects.

« Il est impossible à ce stade de corroborer » la revendication de l’EI, a dit à l’AFP un porte-parole du Shin Beth, la sécurité intérieure. Cependant, les propos du Hamas « compromettent la fiabilité » des déclarations des uns et des autres, a-t-il dit.

Récemment emprisonnés

Une porte-parole de l’armée israélienne, s’appuyant sur le renseignement militaire, a remis en cause l’appartenance quelconque des trois Palestiniens à une organisation, laissant entendre qu’ils appartenaient à un petit groupe local.

Les Territoires palestiniens et Israël sont le théâtre de violences qui ont causé la mort de 272 Palestiniens, 42 Israéliens, deux Américains, deux Jordaniens, un Erythréen, un Soudanais et une Britannique depuis le 1er octobre 2015, selon un décompte de l’AFP.

La majorité des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d’attaques anti-israéliennes, souvent jeunes et agissant seuls.

Les attaques sont attribuées par maints experts aux vexations de l’occupation israélienne, à l’absence de toute perspective proche d’indépendance, aux frustrations économiques et aux dissensions interpalestiniennes.

Le gouvernement israélien les impute notamment au refus de l’existence d’Israël.

Les auteurs de l’attaque étaient originaires d’un village de Cisjordanie, territoire palestinien qui marque en 2017 cinquante ans d’occupation israélienne.

Selon le FPLP, Bara et Oussama Ata étaient récemment sortis de prisons israéliennes après plusieurs mois de détention.

L’armée bouclait leur village samedi matin, a-t-elle dit.

Un Palestinien a de nouveau légèrement blessé à l’arme blanche un Israélien dans la nuit près d’Hébron (sud de la Cisjordanie), a rapporté l’armée israélienne. L’agresseur a été arrêté.

Annulation de permis

Israël a jusqu’alors été largement préservé des agissements directs de l’EI, actuellement en recul en Irak et en Syrie.

Le groupe ultraradical avait revendiqué le 10 avril un tir de roquette sur le sud d’Israël depuis le Sinaï égyptien, où des groupes jihadistes affiliés à l’EI sont actifs.

L’EI passe cependant pour avoir inspiré des attentats, comme celui qui avait tué quatre personnes le 8 juin 2016 à Tel-Aviv. Par ailleurs, des dizaines d’Arabes israéliens combattraient avec l’EI en Irak et en Syrie, selon le Shin Beth. Et le nombre de personnes arrêtées pour des activités inspirées par les mouvements jihadistes a explosé en 2016, écrivait fin février le quotidien Haaretz.

Les attaques se sont notablement espacées ces derniers mois. Celle de vendredi est survenue durant le ramadan. Le mois de jeûne musulman draine des foules de Palestiniens vers l’esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l’islam dans la Vieille ville, située à Jérusalem-Est annexée et occupée par Israël.

Pour le ramadan, Israël a assoupli les restrictions d’accès des Palestiniens de Cisjordanie à Jérusalem, autorisant les hommes de plus de 40 ans et toutes les femmes à s’y rendre sans permis. Mais un grand nombre de jeunes Palestiniens profitent de l’occasion pour s’infiltrer, dit la police israélienne.

Israël avait aussi favorisé les réunions familiales de Palestiniens avec des proches en Israël ou à Jérusalem. Mais après l’attaque de vendredi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a décidé d’annuler ces permis, a indiqué la police.

Le Quotidien / AFP

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