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Allemagne : le mouvement anti-islam Pegida placé sous surveillance policière


Au fil des années, Pegida s'est radicalisé, aussi bien idéologiquement que verbalement. (Photo : AFP)

Les renseignements intérieurs de la région allemande de Saxe ont annoncé vendredi étendre leur surveillance policière aux membres du mouvement islamophobe Pegida né dans cette région de l’ex-RDA, le qualifiant « d’extrémiste » et « anticonstitutionnel ».

« Il n’est plus possible de considérer » le mouvement créé en 2014 « comme une composante de la scène d’extrême droite », a estimé l’antenne régionale de l’Office allemand de protection de la Constitution, le qualifiant désormais de « mouvement aux aspirations extrémistes manifestes ».

Pegida est ainsi classé dans les groupes contraires à la Constitution et leurs membres soumis à une surveillance policière, a-t-elle ajouté. D’autres régions allemandes, comme la Bavière, avaient pris des mesures similaires.

S’il a au début attiré un « public hétérogène » défendant des positions « modérées », il s’est radicalisé au fil des années, aussi bien idéologiquement que verbalement, poursuit l’institution.

« Des positions sont propagées en public qui sont incompatibles avec l’ensemble des valeurs de la République fédérale allemande », a-t-elle argumenté, citant entre autres le rejet du parlementarisme, de l’État de droit ou des prises de position antisémites, anti-islam et hostiles aux minorités.

À l’origine de la poussée de l’extrême droite antimigrants 

Lancé en 2014 par Lutz Bachmann à partir de manifestations spontanées et hebdomadaires à Dresde, Pegida fut à l’origine de la poussée de l’extrême droite antimigrants en Allemagne, actuellement la première force d’opposition au Bundestag, la chambre basse du Parlement.

Frontalier de la Pologne et de la République tchèque, dans l’ex-RDA, la Saxe avait provoqué un séisme politique lors des élections législatives de septembre 2017 : le parti anti-immigrés, anti-Merkel et anti-islam AfD (Alternative pour l’Allemagne) était devenu la première force politique régionale avec 27% des voix, soit deux fois plus que la moyenne nationale.

Début mars, le renseignement intérieur avait mis l’ensemble de l’AfD sous surveillance policière en arguant d’atteintes à l’ordre démocratique, avant que la décision soit suspendue pour des questions de procédures essentiellement par un tribunal administratif de Cologne.

Fin avril, le Renseignement a également mis sous surveillance une partie de la mouvance anti-restrictions liée à la pandémie, qui manifeste régulièrement dans le pays et propage selon lui des théories complotistes.

AFP/LQ

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