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Perversité majeure sur modèles très mineurs au tribunal de Metz


(Photo : Archives RL)

Trois ans ferme pour le photographe amateur qui recrutait des ados en prospectant pour une association.

«Une pulsion », dit Dominique Galardon de cette envie de jeunesse qui le pousse à photographier des adolescentes dans toute leur fraîcheur, qu’il apprécie nettement mieux nue. Une pulsion qui le tient depuis longtemps déjà. En 2005, un premier sursis le somme de cesser toute corruption de mineur. Sans effet. Le même travers a ramené le sexagénaire hier à la barre du TGI de Metz sur un signalement du centre départemental de l’enfance (CDE) au printemps 2009. Il s’est méfié de la demande de sortie d’une pensionnaire qui devait faire des photos avec le prévenu. Il en rencontre une autre, elle aussi suivie par le CDE, mais chez sa mère où elle passait le week-end.

Un hasard comme il s’en est produit d’autres au fil de ses prospections, en Moselle et à Briey, pour le compte d’une association d’aide aux aveugles. Un porte-à-porte aussi utile à la collecte de fonds qu’à la constitution de son fichier de 24 modèles mineurs, que l’enquête découvre à l’été 2009 après avoir retrouvé le prévenu en détention à Lons-le-Saunier. Il y purge 5 mois pour des agressions sexuelles. Des mains baladeuses sur des fesses mineures. Encore. Mais ce sont ses vues de corps entiers qu’on lui a reprochées hier.

Son escroquerie au contrat bidon aussi. Des promesses de books, d’engagements à des concours de miss rédigées sous une fausse raison sociale empruntée, jusqu’au numéro de registre de commerce, à une entreprise de chauffage. Et comme il fallait alimenter le tout d’images, le prévenu commençait par des clichés soft, chez les parents. Une fois la confiance établie, le studio se déplaçait chez lui à Moulins-lès-Metz et les contrats recevaient un avenant manuscrit précisant la nudité. Bikini, monokini, plus le tissu disparaissait, plus le sexagénaire payait. « Je ne pouvais pas m’empêcher de photographier des jeunes filles. A cette époque, je ne voyais pas le mal », pas même dans des mises en scène simulant une fellation. La partie civile de Me Stéphanie Rosati le soulève pour lui. « Je suis vraiment honteux d’avoir fait ça. » A la lumière d’une thérapie toujours en cours, il ajoute « en [comprendre] la perversité ». Le parquet, qui demande 3 ans ferme et un mandat de dépôt, relève aussi celle de son système de parrainage pour rabattre plus facilement de nouvelles victimes.

La défense de Me Nastassia Wagner n’a que peu de place pour glisser les troubles sexuels de son client, leur poids sur son discernement et sa prise de conscience depuis sa psychothérapie, mais aussi le consentement de certains parents. « Quelques-uns auraient pu être poursuivis pour complicité », estime le conseil. En vain. Le tribunal colle aux réquisitions.

Frédéric Clausse

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