Même la présidente ne voit pas d’autre issue. Le club de fitness et de musculation AC 2000, créé en 1980, situé sous la piscine communautaire à Thionville, ferme. L’association ne ferait pas le poids face aux rappels de charges réclamés par la mairie et aux futurs aménagements prévus au sein du centre aquatique.
Il n’y a plus de boissons au frais derrière le comptoir. La salle de muscu s’est vidée avec la chaleur de l’après-midi. Une affiche invite les adhérents à un dernier apéro en soirée.
Lundi 29 juin, l’association AC 2000 était sur le point de ranger les haltères au placard après 46 ans d’activité. «On ferme mardi», avance la présidente. Elle sort d’une audience au tribunal de Thionville et s’attend à la liquidation imminente de l’association.
Charges impayées
La salle de remise en forme et d’haltérophilie, créée en février 1980, a déménagé plusieurs fois avant de s’installer sous la piscine communautaire de Thionville, rue des Pyramides. Athletic Club 2000 gère les lieux mis à disposition par la Ville depuis 2006.
Mais en avril dernier, un courrier signé par la première adjointe au maire de Thionville a jeté un froid. L’élue y listait d’importantes charges impayées. Selon la municipalité, Athletic Club 2000 est redevable de 15 791 euros au total sur les années 2022, 2023 et 2024.
«Les éléments nécessaires au décompte pour 2025 sont en cours de réception», écrit l’adjointe en charge de la politique sportive. La possibilité de mettre en place un échéancier est effleurée. «La Ville s’interroge sur le modèle économique de l’association et son devenir», poursuit le courrier.
«On ne se bat plus»
«L’association compte 200 adhérents âgés de 16 à 87 ans et trois salariés», rappelle la présidente d’AC 2000. La menace ne date pas d’hier a priori. Un premier décompte aurait été adressé l’an dernier. Toutefois, les équipes investies dans le club se sentent soudainement remises en cause, les fidèles ne masquent pas leur incompréhension, leur déception surtout.
Certes, le matériel de muscu n’est pas du dernier cri, les vestiaires sont un peu décatis, «mais on est une famille. Ici, les gens se parlent, se connaissent», confirme une salariée employée depuis vingt ans. La présidente sait qu’il sera désormais trop compliqué de redémarrer l’activité ailleurs, de trouver des locaux. «On ne se bat plus», confie-t-elle.
La municipalité assume l’opportunité de récupérer cet espace en dessous de la piscine à destination de clubs sportifs de haut niveau qui rayonnent au niveau de l’agglomération, «le triathlon du Trityc ou la natation du Sporting club thionvillois», égraine la première adjointe au maire de Thionville, Véronique Schmit.
«Les locaux vont faire l’objet d’une nouvelle convention avec l’agglomération.» L’élue invoque aussi un autre argument : «Des travaux d’extension vont être menés au sein du centre aquatique et la salle subit des infiltrations.» Le calendrier des travaux n’est pas encore connu, mais ils sont d’ores et déjà à l’étude.
Le Républicain lorrain