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Les rats pullulent

La citation date de 2018, mais elle résume bien ce qui s’est passé après la mort de l’enfant de 8 ans, poussé sous un train à Francfort, lundi : « Si tu t’indignes uniquement lorsque la couleur de la peau de l’auteur ne te plaît pas, tu n’es pas un citoyen inquiet, mais tout simplement un raciste. » Ces mots sont signés Jan Böhmermann, un humoriste allemand, devenu célèbre pour son poème satirique sur le président turc.

Lundi, les médias ont rapidement révélé que le meurtrier présumé du môme était un Érythréen. Il n’a rien fallu de plus pour qu’une vague de haine déferle sur les réseaux sociaux. Les commentaires sont plus nauséabonds les uns que les autres. L’amalgame fait par ces « lumières » est toujours le même : un étranger, qui par la force des choses doit être un réfugié, se rend coupable d’un crime. Il est vilipendé à l’aide de commentaires qui sont souvent xénophobes et qui font même allusion au nazisme.

Ces mêmes « lumières » s’indignent si leur « contribution », souvent livrée sous le couvert de l’anonymat et bourrée de fautes d’orthographe, est effacée des forums de discussion. Ils crient alors à la « censure » sans se rendre compte qu’ils s’exposent à des poursuites pénales.

Pour être clair : l’acte du meurtrier présumé est atroce et insupportable. Mais sa nationalité ne doit jouer aucun rôle. On sait depuis hier que l’homme est un père de famille, bien intégré en Suisse. Par contre, il souffre de graves problèmes psychiques. La cause du drame de Francfort est donc liée à la santé mentale du suspect et non pas à son origine.

Il ne faut cependant pas s’étonner de ces amalgames dangereux avec des leaders politiques effroyables. L’extrême droite allemande n’a pas tardé à faire le lien insensé entre le meurtre et la politique migratoire trop laxiste de la chancelière Angela Merkel. Aux États-Unis, le président Donald Trump parle de « rats » pour dénigrer des opposants de couleur. L’intention de ces « lumières » politiques est de diviser pour mieux régner. Sans réaction ferme, reposant sur une éducation plus appuyée, les rats ne vont plus cesser de pulluler…

David Marques

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