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Le soulagement

Des observateurs redoutaient qu’en cas de défaite aux élections législatives, Viktor Orbán ne reconnaisse pas le verdict des urnes. En fin de compte, la victoire de Péter Magyar a été tellement écrasante – son parti Tisza obtient une majorité des deux tiers au Parlement – que le Premier ministre hongrois sortant s’est vu contraint de féliciter son opposant très tôt dimanche soir. Fin de règne donc au bout de 16 ans pour le dirigeant nationaliste. Et grand ouf de soulagement à travers la quasi-intégralité des pays de l’Union européenne. La Slovaquie de Robert Fico a perdu un allié. Les partis d’extrême droite en France (RN) ou en Allemagne (AfD) subissent un coup dur. La consternation règne certainement à la Maison-Blanche et au Kremlin. Le président des États-Unis et le président russe, Vladimir Poutine, n’ont jamais caché leur soutien à Viktor Orbán. Mais rien n’y a fait. Ce résultat massif reflète à la fois le rejet d’un système entaché par des affaires de corruption et les effets d’une crise économique pesant particulièrement sur les jeunes. Avec une participation proche de 80 %, les Hongrois ont clairement exprimé leur volonté de tourner la page d’un pouvoir aux accents autoritaires.

Les attentes placées en Péter Magyar sont importantes. Peut-être trop. Contrairement à Viktor Orbán, il est pro-européen et prêt à redorer le blason de la Hongrie dans l’UE. La volonté affirmée de rétablir l’État de droit devrait permettre à son pays d’enfin toucher les milliards d’euros bloqués par la Commission européenne. Par contre, le futur Premier ministre restera critique à l’égard des ambitions européennes de l’Ukraine. Il ne devrait également pas se passer à court terme du pétrole russe toujours fourni à la Hongrie. Une levée du blocage sur le prêt de 90 milliards d’euros destiné à Kiev est toutefois probable. Plus globalement, «il ne faut pas s’attendre à ce qu’il dise oui à tout ce qui se passe ici», fait remarquer un diplomate européen, cité par l’AFP.

Des zones d’ombre subsistent donc encore, mais, à première vue, Péter Magyar devrait se montrer plus constructif que Viktor Orbán. Le répit qu’offre cette élection en Hongrie pourrait toutefois être de courte durée, au vu des échéances cruciales à venir.

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