TOUR AURA Le Mexicain Isaac del Toro a remporté en solitaire samedi la 7e étape marquée par la folle remontée de Paul Seixas qui a fini par céder dans la montée finale.
Le leader de l’équipe UAE s’est imposé au sommet du Grand Colombier avec 24 secondes d’avance sur l’Espagnol Juan Ayuso, qu’il a rattrapé et doublé à 1,7 km de l’arrivée, avant de faire une révérence au moment de franchir la ligne.
Le Norvégien Tobias Johannessen, l’Américain Matteo Jorgenson et le Belge Cian Uijtdebroeks sont arrivés quelques secondes plus tard.
«C’est un peu difficile pour moi de gérer ces longues montées mais je m’y habitue et je m’améliore course après course. Aujourd’hui ce n’était pas ma meilleure performance. Mais gagner le général a toujours été l’objectif», a réagi Del Toro, qui sera le premier lieutenant de Tadej Pogacar sur le Tour de France (4-26 juillet).
Paul Seixas, obligé de combler un écart de quatre minutes sur le peloton après une chute au prix d’une course-poursuite de 65 km, a payé ses efforts dans la terrible ascension du Grand Colombier (8,4 km à 10,2%).
Le prodige français, qui présentait des éraflures aux genoux et aux coudes après sa chute, a terminé 7e à 1:21 du vainqueur. A l’arrivée, il s’est effondré, blême et à bout de forces, avant de tomber dans les bras de sa famille.
Le jeune Australien Luke Tuckwell a réussi lui à défendre son maillot jaune de leader mais ne compte plus que 42 secondes d’avance sur Jorgenson et 49 secondes sur Del Toro avant la dernière étape, encore très dure, dimanche.
Seixas pointe lui au sixième rang du classement général, à 1:54 du maillot jaune.
Il a chuté après 32 km de course à un moment où il n’y avait pas encore d’images TV disponibles.
«Une erreur de ma part, je n’ai aucune excuse, a-t-il expliqué. Dans un virage je suis arrivé trop vite, j’avais pris l’habitude de doubler certains coureurs en descente pour reprendre des positions sans forcer. C’est une stratégie qui n’est pas forcément sans risque. Aujourd’hui je l’ai payé.»
Parti à la faute, il a fait «un vol plané sur le goudron». «Je me suis retrouvé à glisser sur les mains et tout le corps. Et après je me suis arrêté dans le fossé. Pendant un moment je n’ai pas cru que j’allais repartir, j’étais vraiment défoncé», a ajouté le Lyonnais en descendant du podium, les deux coudes et les deux genoux entourés de bandages.
Mathieu Kockelmann se retire
Son équipe Decathlon CMA CGM a tout de suite missionné Stefan Bisseger et Dan Hoole, deux très gros rouleurs, pour l’attendre. Le trio a compté jusqu’à quatre minutes de retard avant de commencer à renverser la vapeur.
Seixas a ensuite pu compter sur l’aide d’Aurélien Paret-Peintre dans les lacets du Grand Colombier, à mi-parcours, pour se rapprocher, encouragé par un public en feu. Puis celle d’un nouveau coéquipier, Nicolas Prodhomme, qui s’était lui aussi laissé décrocher.
Enfin, Léo Bisiaux, son dernier équipier, lui a permis, au prix d’un énorme effort, de revenir sur le peloton maillot jaune à 38 km de l’arrivée après plus de soixante kilomètres d’une folle course-poursuite.
De son côté, Mathieu Kockelmann (Lotto-Intermarché) a été l’un des nombreux coureurs à abandonner. Pour la 8e étape et dernière étape, dimanche, il n’y aura plus de Luxembourgeois en course.