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Le courant doit passer

Pour la troisième fois en douze mois, le Premier ministre est contraint de convoquer la tripartite. Fin mars 2022, le gouvernement espérait avoir signé un accord (sans l’OGBL) pour éviter tout conflit social lors de cette année électorale 2023. Dès le mois de septembre, le gouvernement a cependant dû rappeler syndicats et patronat pour ficeler un second paquet d’aides.

Le bouclier décidé a fait ses preuves. Selon le Statec, le plafonnement des prix de l’énergie permet de ramener le taux d’inflation de 7,5 % à 3,4 %. Sans intervention étatique, pas moins de six tranches indiciaires auraient été à verser entre mars 2022 et décembre 2023, soit une revalorisation salariale de 15 %.

Même les syndicats estiment qu’une telle succession d’index est toxique pour les entreprises. En même temps, ils dénoncent le phénomène de la progression à froid, également qualifié de «vol» sur les salaires nets. En raison de la non-adaptation du barème à l’inflation, un salarié moyen ne toucherait que 1,75 % net de sa tranche indiciaire brute de 2,5 %. De plus, la charge fiscale ne cesse de s’accroître.

La tripartite qui s’ouvre ce matin sera, donc, confrontée à un triple défi. La prolongation au-delà du 31 décembre du plafonnement des prix de l’énergie semble incontournable. Sans ces mesures, le Statec prédit un choc énergétique en 2024 avec une hausse de 37 % du prix du gaz et de 78 % pour l’électricité. En parallèle, l’inflation passerait au pire de 3,4 % en 2023 à 6,6 %, avec à la clé deux nouveaux index successifs en six mois.

Il s’agirait d’une charge supplémentaire pour le patronat, alors que les salariés y perdraient encore au change. La compensation de l’index de cet automne ne peut être qu’un premier pas. Derrière, une adaptation du barème d’impôt sera nécessaire pour renforcer le pouvoir d’achat et la justice fiscale.

La grande question demeure : quelle est la véritable marge financière de l’État ? Le Statec annonce une possible amélioration du solde du budget 2023 de 500 millions d’euros. Cette somme viendrait s’ajouter aux 500 millions d’euros qui se dégagent du budget 2022. Une aubaine pour ficeler un nouvel accord tripartite ? En tout état de cause, le courant devra passer entre gouvernement, syndicats et patronat.

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