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Le « bazar » européen

Les images sont improbables, mais il s’agit d’une triste réalité. Avec l’afflux massif de réfugiés, des camps improvisés s’installent en plein cœur de plusieurs des plus grandes métropoles européennes. Que ce soit à Berlin, Budapest ou Bruxelles, ceux qui ont fui la guerre en risquant leur vie sont confrontés à chaque fois à des conditions d’accueil indignes, une fois arrivés en Europe. Les réfugiés sont obligés d’improviser des camps dans des parcs municipaux, sur des trottoirs ou sur le parvis des gares.

Cette situation intenable et intolérable est un nouveau constat d’échec pour les responsables politiques européens qui, en cette année 2015, risquent de perdre définitivement la face. Le projet de solidarité et d’humanité qu’est l’Union européenne risque de couler pour de bon si aucune réaction adéquate n’intervient dans les meilleurs délais. On est cependant encore très éloigné d’une solution, si l’on se réfère aux platitudes répétées, vendredi et samedi, lors de la réunion de crise des ministres européens des Affaires étrangères.

Les rappels des valeurs européennes se sont une nouvelle fois enchaînés. Mais c’est probablement le ministre autrichien qui a trouvé les mots les plus justes en qualifiant de «bazar» ce qui se passe actuellement dans l’UE. Avec l’inertie dont font preuve les dirigeants politiques, le fossé qui les sépare des citoyens ne fait que s’agrandir. Le riche continent européen, considéré comme un havre de paix et de bonheur par les réfugiés, reste donc en perdition.

Heureusement, de très nombreux citoyens ne sont plus prêts à accepter l’inertie de la politique. Par milliers, ils se sont mobilisés ces derniers jours pour donner ce qu’ils pouvaient aux réfugiés : tentes, nourriture, vêtements. Les dons s’accumulent et permettent d’améliorer la situation de ceux qui sont laissés à leur sort par une classe politique débordée. La solidarité de ces nombreux citoyens anonymes doit plus que jamais servir d’exemple aux hautes sphères politiques, afin qu’ils abandonnent les platitudes et qu’ils agissent concrètement sur le terrain. La mission qui se présente à eux n’est pas insurmontable.

David Marques (dmarques@lequotidien.lu)

Un commentaire

  1.  » sont confrontés à chaque fois à des conditions d’accueil indignes »
    Accueil indigne à chaque fois ? Vous avez de la m…. dans les yeux ou quoi ? Vous suivez un peu l’actualité ou vous participez bêtement au travail de démolition entamé par d’autres chroniqueurs du Quotidien et qui consiste à ne voir que le mauvais côté des choses, crier au scandale et mettre l’UE au pilori ?

    Regardez un peu autre chose que M6 et vous verrez que par exemple à Munich (20.000 arrivées ce WE, 10.000 prévus aujourd’hui), les réfugiés sont accueillis comme des stars, voire applaudis. On leur sert des repas et ils reçoivent un « welcome pack » (dont un smartphone avec carte sim) avant d’être dispatchés vers les différents centres d’accueil.

    Et si par endroit, des camps provisoires qui semblent un peu austères s’installent, c’est plutôt normal non ? Vu l’afflux, on ne peut pas absorber tout d’un coup de une baguette magique. Certains pays font ce qu’ils peuvent (et si l’Allemagne se bouge, ça fait déjà un joli morceau de l’UE qui s’y met non ?) mais il ne faut non plus attendre des miracles.

    La critique est facile et gratuite surtout lorsqu’on reste assis dans son fauteuil alors que d’autres agissent.
    En plus, on ne se fatigue pas trop à la rédaction du Quotidien : au moins 5 éditos sur le thème : pôv’ réfugiés, méchante UE en 10 jours ! Que dis-je, pas des éditos ? Non, des copier-coller des précédents.
    Affligeant…

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