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La paix est encore loin

Fidèle à son style volontiers excessif, Donald Trump a fanfaronné lundi : «Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots!» Le président américain promet que l’accord conclu avec Téhéran permettra dès vendredi la réouverture «complète» du détroit d’Ormuz. S’agit-il vraiment d’un succès pour le locataire de la Maison-Blanche? La réponse est non. Car, sans le lancement de sa guerre contre l’Iran, aux côtés du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, cette artère navale n’aurait jamais été bloquée. Il reste incompréhensible que Donald Trump et ses conseillers aient autant sous-estimé la capacité du régime iranien à prendre en otage les économies du monde entier. L’issue qui se profile à l’horizon est très fragile. L’Iran va-t-il facturer des frais aux navires? Washington affirme qu’un péage ne sera pas toléré. Quoi qu’il en soit, avant la guerre, le détroit était librement accessible, sans frais ni péage, conformément au droit maritime international.

Le vice-président J. D. Vance clame désormais que les États-Unis «avaient toutes les cartes» en main. Vraiment? Il faut tout d’abord souligner que l’accord trouvé ne permettra en rien de garantir la paix au Moyen-Orient. Le document n’est qu’un simple «mémorandum d’entente». Il ouvre la voie à de nouvelles négociations limitées à 60 jours. Soit deux mois à peine pour trouver, entre autres, un compromis sur le volet nucléaire. On est encore très loin de revenir aux termes de l’accord nucléaire signé en 2015 par la communauté internationale avec Téhéran, au bout de douze ans de tractations, sur l’utilisation pacifique du programme nucléaire iranien. Donald Trump avait quitté cet accord lors de son premier mandat de président. Une décennie plus tard, il s’efforce, sans trop de succès, de limiter les dégâts.

Il est donc bien trop tôt pour crier victoire. Au-delà de la question nucléaire, il faut suivre de près Israël qui ne semble pas trop enclin à respecter le cessez-le-feu au Liban, qui lui est imposé par l’accord-cadre. En cas de nouvelles attaques, l’Iran risque de refermer rapidement le détroit d’Ormuz et de frapper la région du Golfe. Une paix durable est encore très loin.

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