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Empires en argile

Et si, malgré les actes et les propos incendiaires, ceux qui imaginent leurs pays être de nouveaux empires devant dominer une partie du globe se trompaient? L’évocation du retour sur le devant de la scène des principes d’hégémonie et de domination des grandes puissances s’illustre par bien des conflits. Malheureusement. Il y a, tout d’abord, la guerre menée par la Russie en Ukraine depuis plus de quatre ans maintenant. Le front s’est stabilisé et les affrontements, coûteux en vies humaines, s’embourbent dans une guerre de position que nous n’avions pas connue depuis la Première Guerre mondiale. Les velléités d’annexion d’une partie du territoire ukrainien par Poutine se heurtent à une farouche résistance. Difficile d’imaginer, même si le conflit s’arrête sur un statu quo, que Kiev revienne un jour dans l’influence russe. Trop de souffrances, trop de haine. À des milliers de kilomètres de là, le golfe Persique est à nouveau en feu. Les troupes américaines bombardent l’Iran, qui réplique en attaquant les pays bordant cet espace stratégique dont fait partie le détroit d’Ormuz. Là encore, Donald Trump voulait faire parler les armes pour faire plier le régime des mollahs. Ses raisons, même si elles peuvent être justifiées, ont plongé cette région du monde dans le chaos. Encore une fois, un grand pays s’imaginant comme un nouvel empire faisant trembler ceux qui le défie se casse les dents dans un conflit qui s’enlise. Un conflit qui n’a, pour l’instant, aucune fin imaginable.

Russie et États-Unis, qui s’imaginaient un nouveau destin, se trouvent maintenant dans une impasse qui sape leur crédibilité et anéantit les discours de leurs leaders très sûrs d’eux. Tout est plus compliqué que de simples slogans ou des déclarations guerrières. Du côté de l’Asie, la Chine regarde sûrement ces mésaventures avec intérêt. Mais aussi avec inquiétude. Pékin lorgne depuis longtemps sur la mer de Chine et irrite ses voisins philippins, japonais ou vietnamiens. Et que dire des menaces de plus en plus fortes contre l’île de Taïwan? «Son» île. Là encore, une menace de conflit existe. La Chine, trop sûre d’elle-même, franchira-t-elle la ligne rouge au risque de subir l’affront d’un conflit mal mené et d’une crise dévoilant une possible fragilité?

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