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D’abord un accord

Le Premier ministre, Luc Frieden, se retrouve face à un premier obstacle majeur bien avant l’entame des négociations tripartites. Au vu des divergences de vues, parfois importantes, il ne sera pas aisé de définir un ordre du jour qui puisse convenir à toutes les parties impliquées. Dès l’annonce de la tenue d’une tripartite nationale, l’Union des syndicats et sa coprésidente Nora Back avaient insisté sur l’importance de trouver un tel «préaccord». Le chef du gouvernement, affaibli par les récents sondages, va-t-il réussir à relever ce défi?

OGBL et LCGB ne veulent pas se contenter de parler uniquement du pouvoir d’achat et des emplois, ils veulent aussi mettre sur la table le logement et désormais le système des soins de santé. On voit mal le dernier point inscrit à l’ordre du jour. Une discussion sur la pénurie de logements abordables semble un brin plus réaliste, même si l’union patronale UEL et aussi la CGFP, le syndicat de la fonction publique, insistent pour limiter les tractations aux conséquences directes de la crise provoquée au Moyen-Orient. «Nous avons besoin de trouver des solutions communes. En soi, tout le monde s’accorde à dire que, dans le cadre de la tripartite, nous ne pouvons pas discuter de l’ensemble des défis auxquels le pays est confronté. Rien que pour des raisons de temps, il faudra donc poser un cadre», avance le Premier ministre. Entre les lignes, on décèle une fin de non-recevoir adressée à l’OGBL et au LCGB. Il faudra attendre la fin de la semaine pour connaître l’ordre du jour finalement retenu par le gouvernement.

En tout état de cause, il serait fatal que l’Union des syndicats, lâchée sur certains points par la CGFP, finisse par claquer la porte avant le véritable début des négociations tripartites. La situation économique et sociale est suffisamment détériorée pour s’accorder d’urgence sur des mesures ciblées afin de soutenir à la fois le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Le chemin pour y parvenir sera semé d’embûches, en raison d’un manque de confiance entre les partenaires sociaux et d’une marge de manœuvre financière limitée. Un accord tripartite permettrait toutefois de s’atteler, par la suite, à la crise du logement et de désamorcer les tensions dans le secteur de la santé.

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