À les entendre, ils ont tous vécu une année parlementaire parfaite. Ces deux dernières semaines, six des sept partis représentés à la Chambre se sont, à tour de rôle, autocongratulés pour le travail accompli depuis la rentrée parlementaire d’octobre dernier. La majorité CSV-DP a largement vanté le bilan de la coalition. Dans l’opposition, le LSAP, l’ADR, déi gréng et déi Lénk n’ont pas ménagé leurs critiques à l’égard du gouvernement conservateur-libéral. Seul le Parti pirate ne s’est pas prêté à cet exercice estival. Que faut-il finalement retenir de ces rendez-vous?
Force est de constater que l’opposition a réussi à faire bouger les lignes. Leur plus grand acquis est l’inscription de la liberté d’avorter dans la Constitution, portée par déi Lénk et son député Marc Baum. Il s’agit d’un succès sociétal et politique de taille, la majorité ayant accepté de s’écarter de la stricte feuille de route fixée par l’accord de coalition.
Le même esprit d’ouverture serait souhaitable pour mettre en œuvre d’autres propositions constructives, trop souvent bloquées par réflexe par le CSV et le DP. La pression exercée par l’opposition de gauche a également contribué à forcer la convocation d’une tripartite, avec à la clé un paquet de mesures qui a permis de relancer durablement le dialogue social. Crise oblige, le gouvernement s’est montré prêt à sortir encore du cadre qu’il s’était lui-même fixé à l’automne 2023.
Plus globalement, le CSV loue ses efforts pour renforcer le pouvoir d’achat et la sécurité. Le DP a, lui, étonnamment insisté sur la transition écologique. Les canicules permettent justement à déi gréng de replacer la lutte contre le changement climatique au cœur du débat. Le LSAP estime que l’exécutif emmené par Luc Frieden a échoué sur tous les fronts, déi Lénk dénonce toujours une politique «néolibérale». Quant à l’ADR, il assume pleinement son positionnement identitaire et ultraconservateur.
Les finances publiques demeurent un autre thème majeur. Le ministre Gilles Roth sera attendu au tournant début octobre pour le dépôt du projet de budget pour 2027. Les chiffres présentés vont définir en grande partie les débats de l’automne à venir, avec notamment le vote de la réforme fiscale, censée entrer en vigueur en 2028.