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[Musique] Marguerite, un premier album pour «Guérir»


(Photo : afp)

En orbite depuis Les filles, les meufs, hymne féministe viral, la chanteuse poursuit son exploration de l’intime avec Guérir.

De cet opus, l’artiste de 25 ans révélée par la Star Ac a déjà dévoilé plusieurs extraits dont Bellevie et La Boss, chansons qui ont résonné dans les festivals de l’été. Disponible ce vendredi, Guérir, album-ordonnance de onze titres, baigne dans une douceur pop. À prescrire pour panser l’âme.

En intitulant votre album ainsi, que cherchez-vous à soigner?

Marguerite : L’idée, c’est de faire une cartographie de ce phénomène de vie qu’on traverse tous et toutes, parce qu’on porte des choses qui font partie de notre histoire, des peurs, mais aussi cette lumière qu’on essaie de trouver. Qu’est-ce que c’est guérir? Quelle place ça prend? Qu’est-ce que ça implique? Je voulais que l’album prouve que c’est une quête, mais que ça ne nous définit pas, et qu’on peut très bien avancer et être debout tout en ayant des choses à soigner.

Vous faites preuve d’une grande introspection. Cette mise à nu vous coûte-t-elle?

Parler de choses intimes, c’est toujours un point de départ. La musique permet de mettre tout ça à distance, de le rendre beau, peut-être moins douloureux, de se sentir moins seule. C’est un phénomène réparateur! Je l’ai ressenti avec la sortie de Cartable (NDLR : titre présent sur ce disque). C’étaient mes douleurs d’enfant que j’ai mises dans cette chanson. Et je me suis rendue compte que ça parlait à tellement de gens. Donc c’est une position de vulnérabilité, mais je me sentirais encore moins à l’aise de parler de sujets qui ne me touchent pas.

Je suis quelqu’un d’optimiste et positif

Comment avez-vous travaillé les sonorités de l’album pour l’allier à des thèmes si personnels?

Je suis quelqu’un d’optimiste et positif, contrairement à ce qu’on pourrait croire après avoir écouté l’album (elle rit). Je suis allée chercher une esthétique chaleureuse, accessible. C’est toute la magie de la pop : grâce à des mélodies entraînantes, on peut commencer à parler de certaines choses qui sont beaucoup plus sérieuses que ça en a l’air.

Vous aimez aussi manier l’autodérision, comme dans Frida, en référence à la peintre Frida Kahlo et à ce mono-sourcil que vous arborez fièrement…

Il y avait quelque chose de tellement absurde avec la situation de faire un sujet de société d’une partie de mon corps. Du coup, ça ne peut que me faire rire. C’est une arme, une manière de mettre une distance et de répondre à des gens qui essayent de me ternir ou de s’approprier la personne que j’ai envie d’être. J’ai aussi des influences, notamment Lily Allen : elle a une distance humoristique cinglante, très British, trop puissante. Et puis je demeure persuadée que la musique doit rester un espace festif.

Le cœur n’est pourtant pas à la fête dans Les Fourmis, où vous évoquez la reconstruction après un traumatisme, que vous ne nommez pas. Jusqu’où vous dévoiler?

La chanson parle surtout de la somatisation après un trauma. Je considère que les paroles sont suffisamment explicites et surtout, ça me tient à cœur que chacun et chacune puisse en faire son outil, se l’approprier (…) J’ai fait la chanson d’abord pour moi, sans savoir si je voulais la sortir. Mon récit, il est là. On peut l’écouter sous forme de chanson. C’est la meilleure manière dont j’avais envie de parler de ça. 

Guérir, de Marguerite.
Sortie ce vendredi. 

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