L’Open-Air 2026 a démarré ce mercredi. Sept concerts, sept artistes et autant d’anecdotes. Aujourd’hui, Robbie Williams avec son «Rock DJ», un titre et un clip sulfureux et provocateurs.
Comment continuer d’attirer l’attention quand on est une pop star à la gueule d’ange et au sommet de sa carrière, dont les musiques trônent en haut des charts? Épineuse question pour le commun des mortels, pas pour Robbie Williams!
Contexte. En 2000, cela fait trois ans que le chanteur a lancé sa carrière solo. Révélé par le boys band Take That, il s’était fait remarquer par son charisme, sa présence scénique et… son incroyable capacité à n’en faire qu’à sa tête. Raison pour laquelle il se fait virer du groupe. Libéré de ce carcan, il illumine. En seulement trois ans de carrière, il éclipse l’œuvre entière de Take That, avec des tubes intemporels comme Let Me Entertain You ou le cultissime Angels. Alors, pour le premier single de son troisième album, il faut marquer les esprits.
Rock DJ, entre outrance et génie
Issu d’un sample de It’s Ecstasy When You Lay Down Next to Me de Barry White, Rock DJ n’a rien d’un morceau de jazz posé et funky. C’est une démonstration de pop rock menée d’une main de maître de A à Z. Musicalement, on navigue entre des couplets rappés et un refrain pop, pour finir en apothéose avec des guitares saturées à la limite du hard rock. Mais comme Gorillaz, si on en parle encore aujourd’hui, c’est en partie pour son clip.
Robbie entre dans l’arène… Au sens propre! Comme une vitrine reflet de sa carrière, il est au centre de la piste, il danse, chante, gesticule tout en affichant un sourire ravageur… Problème, aucune des femmes, que ce soit sur la piste ou aux platines, ne le regarde. Il va alors entamer un strip-tease pour enfin être considéré. Même nue, la pop star britannique se heurte au désintérêt total du public. Un comble quand on s’appelle Robbie Williams!
C’est là que le clip passe d’un morceau de pop entraînante à une vidéo censurée diffusée la nuit à la télévision. Face à cette indifférence, le chanteur passe à l’étape supérieure : il s’enlève la peau, puis les muscles et enfin les os. C’est seulement à ce moment-là que les femmes autour de la piste lui trouvent un intérêt, en plus de dévorer ses muscles (!), et que la DJ descend de son piédestal pour partager une danse macabre avec Robbie.
Ce clip fait scandale, certains pays le censurent, à l’instar du Royaume-Uni. La République dominicaine, pays à majorité chrétienne, va jusqu’à l’interdire, lui reprochant de promouvoir le satanisme. Des polémiques qui n’affectent pas son succès. Vingt-cinq ans plus tard, la chanson est la pièce centrale de l’une des scènes les plus impressionnantes de Better Man, biopic consacré à l’artiste.