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La pollution capable de s’infiltrer dans le cerveau


Les nanoparticules respirées par le nez parviendraient également au cœur du cerveau, via le nerf olfactif. (illustration AFP)

De minuscules particules de magnétite, probablement issues de la pollution atmosphérique, ont été retrouvées dans le cerveau, selon une nouvelle étude. Ces nanoparticules pourraient jouer un rôle dans le développement de maladies neuro-dégénératives.

« Ces résultats suggèrent que les nanoparticules de magnétite présentes dans l’environnement peuvent pénétrer dans le cerveau humain, où elles peuvent représenter un risque pour la santé », affirment les auteurs de cette étude, publiée lundi dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). I

l est encore trop tôt pour établir un lien de cause à effet avec la maladie d’Alzheimer, ont toutefois averti des experts extérieurs à l’étude. Du fait de leur taille, de l’ordre du milliardième de mètre, les nanoparticules peuvent franchir des barrières physiologiques et se retrouver dans les poumons ou le sang. Selon l’équipe de chercheurs basés au Royaume-Uni, au Mexique et aux États-Unis, les nanoparticules respirées par le nez parviendraient également au cœur du cerveau, via le nerf olfactif.

Un potentiel lien dans le développement d’Alzheimer

Des particules de magnétite, un oxyde de fer fortement aimanté, peuvent se former naturellement dans le cerveau, rappelle l’étude. Mais les caractéristiques des particules observées dans le cortex frontal de 37 individus (forme sphérique, taille très petite de moins de 150 nanomètres, surface lisse) suggèrent qu’elles se sont formées à très haute température, et donc pas à l’intérieur du corps humain. « Ces particules ressemblent aux nanosphères de magnétite que l’on trouve fréquemment dans les particules en suspension dans l’air en milieu urbain », et issues la combustion de carburant, avance l’équipe de recherche.

Or la magnétite est impliquée dans l’apparition dans le cerveau de dérivés réactifs de l’oxygène, des substances chimiques à l’origine de réactions d’oxydation associées au développement de maladies neuro-dégénératives comme Alzheimer. « Des travaux précédents ont mis en évidence une corrélation entre la quantité de magnétite dans le cerveau et la fréquence de la maladie d’Alzheimer », ajoute l’étude, citant deux publications de 2003 et 2008. « On n’en sait pas encore assez pour établir si cette source externe de magnétite issue de la pollution de l’air peut être un facteur de cette maladie », tempèrent toutefois d’autres scientifiques. S’il n’est pas actuellement établi de lien précis avec Alzheimer, « c’est une source de préoccupation car les particules de magnétite ont été reliées à d’autres problèmes de santé tels que les maladies cardiovasculaires et pulmonaires ».

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