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[Cinéma] La Mostra lance la saison 


Photo : afp

Des documentaires attendus, une compétition boudée par les grands studios américains et des cinéastes français comme italiens en nombre : voici ce qu’il faut savoir sur la 83e Mostra de Venise qui s’ouvre ce mercredi.

Du glamour mais moins de paillettes

L’an dernier, Emma Stone, George Clooney, Jacob Elordi, Dwayne Johnson ou encore Julia Roberts s’étaient pressés sur le Lido pour fouler le tapis rouge de la Mostra. Rien de tout cela cette année dans un festival pourtant considéré comme une rampe de lancement pour les Oscars. Robert Pattinson, qui incarne un présentateur télé sans scrupules dans Primetime, inspiré par Chris Hansen, le créateur du programme To Catch a Predator, fait partie des rares stars hollywoodiennes attendues.

Aucun gros studio ne fera étape à Venise jusqu’au 12 septembre, une tendance observée lors de tous les festivals récents. La Mostra a bien tenté d’attirer Digger, le dernier film d’Alejandro Iñarritu, avec Tom Cruise, mais sans succès. Plusieurs films américains concourront cependant pour le Lion d’or, à commencer par Bucking Fastard de Werner Herzog avec les sœurs Rooney et Kate Mara, Company de Casey Affleck, Ink de Danny Boyle (sur l’ascension du magnat des médias Rupert Murdoch) et Wild Horse Nine de Martin McDonagh, auteur de The Banshees of Inisherin.  C’est l’actrice et réalisatrice américaine Maggie Gyllenhaal qui présidera le jury de cette 83e édition.

Le retour du documentaire

«Nous avons beaucoup de documentaires, très puissants, plus que d’habitude cette année», a souligné le directeur artistique de la Mostra, Alberto Barbera, dans une interview au Hollywood Reporter. NAZA, réalisé par le journaliste d’investigation Yuval Abraham et la cinéaste Rachel Szor, déjà co-auteurs du documentaire oscarisé No Other Land (2024), promet de créer l’événement. Seul documentaire sélectionné en compétition, il lève le voile sur «les systèmes derrière le massacre calculé de civils palestiniens à Gaza par Israël», écrit le site de la Mostra.

«NAZA» de Rachel Szor. (Photo : venice film festival)

Hors compétition, un film sobrement intitulé Musk reviendra sur la vie et la carrière du patron de Tesla et SpaceX, le milliardaire le plus influent au monde. Réalisé par Alex Gibney, figure majeure du documentaire américain oscarisé en 2008 pour son enquête sur la torture pratiquée par l’armée américaine en Afghanistan, le film dure 3 h 45. Enfin, Disney viendra présenter le sien, consacré à la tournée événement des retrouvailles d’Oasis, qui a marqué le retour sur scène du mythique groupe de britpop formé par les frères Gallagher.

Un monde d’hommes

Parmi les 21 films sélectionnés en compétition, seuls deux – dont un co-réalisé avec un homme – ont été réalisés par des femmes. Il s’agit de NAZA de l’Israélienne Rachel Szor, en binôme avec Yuval Abraham, et du film danois Woman Unknown de la réalisatrice May el-Toukhy. Alberto Barbera s’est justifié en expliquant que moins d’un quart des films présentés au comité de sélection de la Mostra avaient été réalisés par des femmes et que «la qualité de ceux que nous avons vus n’était pas telle que nous pouvions les mettre en compétition».

Et le cinéma français? 

Les films français seront bien représentés, avec quatre longs métrages en compétition. Florian Zeller (Father) est très attendu avec son thriller Bunker mettant en scène le couple star espagnol Javier Bardem et Penelope Cruz. Le film promet d’ausculter les peurs contemporaines, entre désastre écologique et montée des inégalités, en suivant les traces d’un architecte missionné pour construire un bunker de survie pour un milliardaire de la tech.

«Ink» de Danny Boyle. (Photo : venice film festival)

Cédric Kahn, lui, présentera son dernier film, 15/18, une plongée dans le quotidien d’une unité pédo-psychiatrique. Présent pour la première fois sur le Lido, Nicolas Pariser (Alice et le maire) viendra défendre Un peu avant minuit avec Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni et Golshifteh Farahani. Enfin, fidèle de la Mostra, Stéphane Brizé (La Loi du marché) proposera une nouvelle radiographie du capitalisme contemporain et de ses travers avec Un bon petit soldat. Il y retrouve son acteur fétiche, Vincent Lindon.

L’Italie se taille la part du lion

Parmi les œuvres en compétition de l’un des trois grands festivals européens aux côtés de celui de Cannes et de Berlin, on trouvera cinq longs métrages de réalisateurs italiens, dont Succederà Questa Notte de Nanni Moretti, avec Louis Garrel, ou encore Il fuoco che ti porti dentro d’Edoardo De Angelis, dont le film Comandante avait ouvert le festival en 2023. Outre Nanni Moretti, qui n’avait plus présenté de film sur le Lido depuis 1989 et l’exclusion de Palombella rossa de la compétition officielle (sur fond de profonds désaccords politiques et artistiques), un autre réalisateur italien fera un retour remarqué cette année : Marco Bechis, dont le dernier long métrage remonte à 2008, présentera Rittorno a Buenos Aires.

«Succederà Questa Notte» de Nanni Moretti. (Photo : venice film festival)

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