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Mosquée de Valence : acte terroriste ou geste d’un déséquilibré ?


Des gendarmes montent la garde devant la mosquée de Valence le 2 janvier 2016. (Photo : AFP)

Acte terroriste ou geste d’un déséquilibré: les enquêteurs tentaient samedi d’établir pourquoi un automobiliste a foncé la veille sur quatre militaires en faction devant la mosquée de Valence (Drôme), avant d’être maîtrisé.

Sérieusement blessé au bras et à la jambe, cet homme de 29 ans, originaire de Bron (banlieue lyonnaise) et inconnu des services de police, a été hospitalisé à Valence pour y être opéré. «Son pronostic vital n’est pas engagé», selon les ministères de la Défense et de l’Intérieur.

Hospitalisé sous le régime de la garde à vue, il sera entendu par les enquêteurs de la police judiciaire de Lyon «dès que son état médical le permettra, peut-être dès (ce) samedi», a indiqué une source proche du dossier.

Les auditions de témoins, du voisinage et de la famille, entamées vendredi se poursuivaient samedi. Les militaires en faction étaient-ils la cible visée ? Ou était-ce la mosquée, l’une des plus importantes de la région ?

Selon une source proche de l’enquête, un témoin dit avoir entendu le conducteur tenir des propos menaçants à l’encontre des militaires visés, ce que ces derniers ne confirment pas.

Jusqu’ici la section antiterroriste du parquet de Paris ne s’est pas saisie du dossier qui reste donc du ressort du parquet de Valence.

Le procureur de la République à Valence, Alex Perrin, devait toutefois faire le point de l’affaire en fin de matinée avec le parquet de Paris pour en avoir confirmation.

«Sanction psychiatrique ou pénale»

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian a salué depuis Amman (Jordanie) le «sang-froid» des quatre militaires en faction devant la mosquée. Appartenant au 93e régiment d’artillerie de montagne de Varces (Isère), ils doivent leur maîtrise à leur expérience sur les théâtres d’opérations extérieures, a relevé le ministre.

En marge d’une tournée de Nouvel An auprès des soldats déployés au Proche-Orient, Samuel Le Drian a notamment loué le soldat blessé, le 1ère classe Roland, pour sa «maîtrise de l’usage du feu». Le Premier ministre, Manuel Valls, a apporté son «soutien aux militaires attaqués».

Dans un communiqué, le Recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a dénoncé l’acte d’un «individu déséquilibré, à tout le moins irresponsable» qui a «déshonoré la communauté musulmane en laissant libre cours à ses pulsions criminelles délirantes». Il a condamné cette «lâche agression» qui «mérite une sanction psychiatrique ou pénale à la mesure du désordre initial de l’esprit de cet individu».

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a lui aussi condamné «avec la plus grande fermeté cette agression lâche» et réitéré «son appel à la sérénité et à la vigilance».

Selon l’un des imams de la mosquée de Valence, Abdallah Dliouah, «la mosquée n’avait jamais reçu de menaces». L’agresseur était inconnu des responsables de la mosquée.

Vendredi, vers 14H30, au volant d’un break rouge immatriculé en Savoie et appartenant à son épouse, le jeune homme d’origine maghrébine a foncé à deux reprises sur quatre soldats en faction devant la grande mosquée, provoquant une riposte des militaires.

Le 1ère classe Roland avait alors été percuté par le véhicule au genou et au tibia.

Encerclant la voiture et après les sommations d’usage, les soldats ont fait feu, blessant le conducteur, dont le véhicule criblé de balles finissait sa course dans un fossé.

Un fidèle, âgé de 72 ans, a aussi été légèrement blessé à une jambe par une balle perdue. Secouru par l’un des soldats, il a été «hospitalisé et opéré», selon le maire de Valence, Nicolas Daragon.

Près de 10 000 militaires sont déployés en France dans le cadre de l’opération Sentinelle de sécurisation des lieux sensibles mise en place après les attentats parisiens de janvier 2015.

AFP/M.R.

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