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Loi travail : la pression de la rue s’installe dans la durée


Des étudiants manifestent contre la loi travail à Rennes le 31 mars 2016. (Photo : AFP)

Une nouvelle journée d’action samedi, une autre déjà programmée fin avril et le mouvement «Nuit Debout» qui se répand : la mobilisation contre la loi travail s’installe dans la durée, avec des organisations de jeunesse déterminées à maintenir la pression pour arracher des mesures contre la précarité.

Les partisans du retrait d’un texte vu comme une «régression sociale» battront le pavé samedi partout en France, à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires-Unef-UNL-Fidl. Il s’agira de la sixième mobilisation contre la réforme depuis sa présentation en conseil des ministres le 9 mars, et la troisième réunissant salariés et jeunes.

La dernière grande journée de grève et de manifestations, le 31 mars, a rassemblé entre 480 000 et 1,2 million de personnes – davantage que la première, le 9. En organisant la nouvelle manifestation un samedi, les syndicats souhaitent «élargir» le mouvement «aux familles, à toutes les populations qui ne sont pas forcément en capacité de se mobiliser la semaine», a expliqué Virginie Gensel (CGT).

Une nouvelle journée est déjà prévue le 28 avril, à l’appel des mêmes syndicats pour qui «la détermination reste intacte face à l’entêtement du gouvernement à maintenir son projet».

Ils jugent le texte «irrespectueux des droits, conditions de travail et de vie des générations actuelles et à venir», ajoutant que «la flexibilité et la précarité n’ont jamais été facteur de progrès et d’emploi».

Entre ces deux dates, ils appellent «à multiplier les initiatives pour faire entendre leurs revendications, préparer activement cette journée de grève et mobilisation par des rassemblements, interpellations de parlementaires, des manifestations et actions initiées au niveau local». Pour l’Unef, le premier syndicat étudiant à la pointe de la contestation, la journée de samedi sera «déterminante». Il est «très important que les jeunes restent mobilisés», a estimé son leader, William Martinet, mercredi à l’issue de sa rencontre avec les ministres de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, de la Jeunesse Patrick Kanner et du Travail Myriam El Khomri, qui porte le projet de loi.

L’Unef «écoutée»

Car le «désaccord persiste» sur le projet de réforme du droit du travail, malgré «un cadre de dialogue qui, on l’espère, permettra de faire bouger les choses en positif», a dit le président de l’Unef qui estime avoir été «écouté».

Avec d’autres organisations d’étudiants et de lycéens, qui seront reçues dans les prochains jours par le Premier ministre Manuel Valls, le syndicat est déterminé à arracher des mesures concrètes pour lutter contre la précarité des jeunes, en particulier l’«accès à un emploi stable» et «aux droits sociaux» avec un prolongement des bourses étudiantes jusqu’à l’accès à la vie professionnelle. Il veut également une augmentation du nombre de places de formation professionnelle et milite pour améliorer les conditions de vie et de travail des apprentis.

En parallèle, le mouvement «Nuit debout», né de la contestation contre la loi El Khomri, s’apprête à entamer sa 7e nuit d’occupation de la place de la République à Paris et essaime en province (Toulouse, Rennes, Nantes…). Les manifestants, qui ont reçu le soutien des Espagnols de Podemos, sont scrutés de près par la gauche. Leurs aspirations dépassent cependant largement la loi travail: réfugiés, mal-logement, précarité, exercice de la démocratie… tous les sujets sont débattus.

A l’Assemblée, les débats continuent en commission des Affaires sociales, qui termine vendredi son examen du projet de loi avant son passage dans l’hémicycle le 3 mai. Les députés ont déjà modifié certaines dispositions dans un sens plus protecteur: sanctuarisation des 11 heures de repos quotidien, extension du compte personnel d’activité aux retraités, atténuation des conséquences pour les salariés qui refuseraient des accords dits «offensifs» dans des entreprises sans difficultés…

Mais pour les partisans du retrait, c’est la «philosophie» même du texte qui pèche, avec sa volonté de décentraliser le dialogue social au niveau de l’entreprise. Et l’article 30 sur les licenciements économiques continue de cristalliser les inquiétudes.

Le Quotidien/AFP

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