Accueil | Actualités | France : Ayrault, nouveau patron surprise de la diplomatie

France : Ayrault, nouveau patron surprise de la diplomatie


Jean-Marc Ayrault fait son retour dans un gouvernement dirigé par Manuel Valls, son ancien ministre de l'Intérieur qui a largement contribué à l'évincer de son poste au printemps 2014. (photo AFP)

L’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, nommé jeudi nouveau chef de la diplomatie française, est un revenant surprise au pouvoir après avoir dirigé de 2012 à 2014 le premier gouvernement de la présidence de François Hollande.

A 66 ans, ce social-démocrate revendiqué, au physique austère, a été un fidèle de la première heure du chef de l’Etat, dont il avait soutenu dès le début la candidature à l’Elysée. Jean-Marc Ayrault a été préféré à Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007 et ex-compagne de M. Hollande, que la rumeur donnait pourtant favorite pour ce poste.

Syrie, Libye, négociations européennes pour éviter un « Brexit », ou amorcer une levée des sanctions contre la Russie dans le conflit ukrainien, visée par Paris « l’été prochain » en cas de respect des accords de Minsk : les dossiers chauds sont nombreux à l’attendre.

A défaut d’une grande expérience sur la scène internationale, la germanophilie de cet ancien professeur d’allemand, un des rares politiciens français à maîtriser la langue de Goethe, devrait faciliter l’entente entre Paris et Berlin.

Lire aussi : France : le retour d’Ayrault et d’EELV au gouvernement

 

L’arrivée au Quai d’Orsay d’un ancien chef de gouvernement n’est pas une première : c’était déjà le cas de Laurent Fabius, plus jeune Premier ministre français de 1984 à 1986, et avant lui d’Alain Juppé, chef de la diplomatie de Nicolas Sarkozy en 2011-2012, après avoir dirigé le gouvernement de 1995 à 1997 sous le président Jacques Chirac.

Paradoxalement, Jean-Marc Ayrault fait son retour dans un gouvernement dirigé par Manuel Valls, son ancien ministre de l’Intérieur qui a largement contribué à l’évincer de son poste au printemps 2014.

Fidèle à François Hollande, il est l’un des rares responsables nommés par le président à ne pas s’être répandu en critiques vengeresses contre lui après avoir été écarté. A contrario, il ne s’est pas privé de marquer sa différence avec son successeur à Matignon.

M. Ayrault avait ainsi pris en décembre le contrepied de Manuel Valls en contestant la nécessité d’inscrire dans la Constitution la possibilité de déchoir de la nationalité française les binationaux condamnés pour terrorisme.

« Colonne vertébrale »

Né le 25 janvier 1950, député-maire de Nantes (ouest) pendant plus de vingt ans jusqu’à sa désignation comme Premier ministre, Jean-Marc Ayrault n’est issu ni de la noblesse d’Etat, ni de la grande bourgeoisie parisienne, mais d’une famille ouvrière.

« Je n’ai pas de complexe social, mais je suis gêné à Paris par une forme d’élitisme et de condescendance », a confié à plusieurs reprises cet homme réservé à la voix monocorde, dont la moue, derrière la mèche blonde et le regard bleu, cache tantôt la timidité et le détachement, tantôt l’agacement.

« Il a une espèce de solidité : quand ça va très mal, il n’apparaît pas touché et quand ça va très bien, il n’a pas non plus une capacité à enflammer les foules », a résumé un jour un député socialiste. « Sur le fond, il a plus de colonne vertébrale que Hollande », a relevé une de ses ministres.

A la tête du gouvernement, Jean-Marc Ayrault s’est montré d’une loyauté sans failles à François Hollande en soulignant, contrairement à nombre de Premiers ministres de droite ou de gauche avant lui, son absence d’ambition présidentielle.

Critiqué pour son manque de charisme, il n’a en revanche jamais réussi à incarner sa fonction, ni à discipliner la majorité de gauche ou les ministres les plus turbulents de son équipe.

Outre sa rivalité avec Manuel Valls, il a pâti de son affrontement avec Arnaud Montebourg, bouillonnant ministre du Redressement productif, qui lui reprochait de « gérer la France comme le conseil municipal de Nantes ».

Sur un plan personnel, Jean-Marc Ayrault, marié, père de deux filles et trois fois grand-père, s’est rendu célèbre en France pour ses choix de vacances simples : en camping-car avec un combi Volkswagen.

Le Quotidien / AFP

PUBLIER UN COMMENTAIRE

*

Votre adresse email ne sera pas publiée. Vos données sont recueillies conformément à la législation en vigueur sur la Protection des données personnelles. Pour en savoir sur notre politique de protection des données personnelles, cliquez-ici.