Depuis la mise en service de la voie de covoiturage de l’A3, en mars 2025, 448 avertissements taxés ont été dressés par la police, tandis que le nouveau système CITA doit commencer à être déployé cet automne.
La voie de covoiturage de l’A3 est loin d’être respectée par tous. Depuis sa mise en service en mars 2025, 448 avertissements taxés ont été dressés par la police grand-ducale pour non-respect des règles de circulation sur cette troisième voie, indiquent les ministres de l’Intérieur, Léon Gloden (CSV), et de la Mobilité, Yuriko Backes (DP), dans une réponse parlementaire.
Ce chiffre constitue le principal nouvel élément apporté par le gouvernement aux députés socialistes Dan Biancalana et Mars Di Bartolomeo, qui l’interrogeaient sur les contrôles effectués sur l’A3. Alors que la ministre de la Mobilité avait évoqué des contrôles policiers «à titre préventif», les deux députés demandaient notamment si ceux-ci pouvaient déboucher sur de véritables sanctions.
La réponse est sans ambiguïté : «Oui, les contrôles du respect de la voie de covoiturage sur l’autoroute A3 effectués par la police grand-ducale donnent lieu à des sanctions.» Au total, «la police grand-ducale a émis 448 avertissements taxés pour non-respect de la voie de covoiturage depuis mars 2025» chiffre encore la ministre.
Ce bilan intervient alors que le contrôle automatique du respect de la voie réservée n’est toujours pas opérationnel. Jusqu’à présent, la surveillance repose essentiellement sur les contrôles effectués par les policiers, comme lors de l’opération menée en juillet qui avait permis de verbaliser 44 automobilistes en quatre heures.
Le CITA attendu cet automne
Autre information à retenir de la réponse gouvernementale : le nouveau système CITA, appelé à améliorer la gestion du trafic sur l’autoroute, doit commencer à être déployé à l’automne 2026.
Le calendrier n’est toutefois pas encore gravé dans le marbre. «Des essais techniques et des phases de validation pour l’intégration des nouveaux équipements CITA dans le système actuellement en opération sont en cours», précisent les ministres. La «mise en service progressive» est «planifiée pour l’automne 2026», mais reste conditionnée à la réussite des essais et des procédures de réception.
Ce renouvellement doit notamment permettre de moderniser les équipements de signalisation et d’information des automobilistes. Les nouveaux panneaux à messages variables doivent pouvoir fournir aux usagers des informations plus claires et en temps réel sur les conditions de circulation, comme l’avait déjà indiqué Yuriko Backes dans une précédente réponse parlementaire.
Des ouvertures temporaires possibles
Le gouvernement confirme aussi qu’il n’abandonne pas le principe d’une ouverture temporaire de la troisième voie à l’ensemble du trafic lorsque des circonstances exceptionnelles le justifient.
Mais cette possibilité ne sera toutefois pas automatique. «La gestion dynamique de la circulation lors d’événements exceptionnels ou d’incidents fait l’objet d’une évaluation au cas par cas», expliquent ainsi les ministres. Parmi les éléments pris en compte : «la nature de l’incident, les contraintes opérationnelles et les impératifs de sécurité routière».
La décision doit être prise conjointement par les différents acteurs concernés. «Les mesures de gestion du trafic sont définies conjointement par l’exploitant du réseau autoroutier, la police grand-ducale et les services d’urgence» sur la base des informations disponibles en temps réel, indique le document.
Une précision importante, alors que la question parlementaire portait notamment sur les bouchons provoqués par des colonnes de camions ou d’autres incidents : le principe d’une utilisation flexible de cette troisième voie demeure donc bel et bien d’actualité. «Le principe d’une utilisation dynamique de la troisième voie demeure un élément important des outils de gestion du trafic disponibles sur l’A3», confirme le gouvernement.
Pour rappel, l’autoroute A3 reliant la France à la capitale luxembourgeoise est l’un des axes routiers les plus saturés du Grand-Duché. Selon les dernières données officielles issues des postes de comptage de l’Administration des ponts et chaussées, le trafic journalier moyen tourne en moyenne autour de 80 000 véhicules par jour dans les deux sens. Aux heures de pointe, le flux atteint environ 4 000 voitures par heure lors des pics du matin et du soir.