Plus d’un an après avoir présenté 57 propositions à la Chambre des députés, La Voix des Survivant(e)s réclame un examen global de ses demandes.
Un an après le débat public organisé à la Chambre des députés, La Voix des Survivant(e)s revient à la charge. À l’occasion de la Journée internationale de la non-violence, le 2 octobre, l’association demande au gouvernement de donner suite à ses propositions visant à mieux lutter contre les violences fondées sur le genre et leurs conséquences sur les enfants.
«Les victimes doivent pouvoir être entendues, protégées et accompagnées, et les réformes nécessaires ne peuvent rester sans suite», écrit-elle dans un communiqué.
Le débat parlementaire avait eu lieu en juillet 2025, après une pétition publique ayant recueilli plus de 5 000 signatures. La Voix des Survivant(e)s avait alors présenté 57 propositions portant notamment sur la prévention, la législation, la formation des professionnels et la réponse judiciaire. L’association demandait également une meilleure prise en compte des enfants exposés aux violences.
À l’époque, le débat avait été présenté comme une première étape. Les propositions devaient être examinées «point par point» par les commissions parlementaires concernées.
Plus d’un an après, l’association estime que l’examen d’ensemble attendu n’a pas eu lieu. «Plus d’un an après, ces propositions n’ont toujours pas fait l’objet du débat d’ensemble attendu dans les commissions parlementaires concernées», affirme-t-elle. Elle souligne que 47 de ses propositions concernent la justice et assure qu’elles ne figuraient toujours pas à l’ordre du jour de la commission de la Justice en septembre dernier.
Des avancées, mais pas de réforme globale
Si plusieurs avancées concrètes, correspondant à certaines revendications de l’association, ont bien été mises en œuvre par les autorités (on pense notamment au contrôle coercitif, au Centre national pour victime de violences ou encore à la formation des policiers), la Voix des Survivant(e)s réclame aujourd’hui une réforme globale.
«Nous demandons que notre proposition de réformes intégrale et organique soit examinée sérieusement et dans son ensemble», écrit-elle. Elle considère que «les avancées ponctuelles ne dispensent pas d’une réforme cohérente» et demande «des procédures adaptées, des professionnels formés et des moyens suffisants pour accéder à une protection et à un accompagnement effectifs».
La question de la réponse judiciaire reste au cœur des revendications. L’association souhaite notamment qu’un débat ait lieu sur «la spécialisation de la réponse judiciaire aux violences fondées sur le genre», y compris sur les solutions envisageables si la création d’un tribunal spécialisé ne peut aboutir à court terme.
La protection des enfants
L’autre volet du communiqué porte sur les enfants covictimes de violences. Pour La Voix des Survivant(e)s, leur situation doit être davantage prise en compte dans les décisions prises lorsqu’une situation de violence est signalée.
«Leur sécurité ne peut être reléguée au second plan lorsqu’une situation de violence est signalée», estime l’association. Elle demande «un principe de protection immédiate de l’enfant» et des décisions qui «tiennent réellement compte des risques auxquels il est exposé».
La question de la protection de l’enfance a également été au cœur de la mobilisation organisée le 18 juillet dernier à Luxembourg par La Voix des Survivant(e)s, Innocence en Danger et Amnesty International. Les associations dénonçaient des dysfonctionnements du système et réclamaient une réforme de la protection des enfants victimes de violences.
Pour La Voix des Survivant(e)s, les deux dossiers doivent désormais avancer conjointement : «une réforme ambitieuse de la lutte contre les violences fondées sur le genre et leur impact sur les enfants covictimes» ainsi qu’«une réforme profonde de la protection de l’enfance». Et de conclure, très clairement : «Nous attendons des décisions, des moyens et des changements concrets.»