Le couperet semble être tombé. La Belgique va bien introduire en mai prochain une vignette pour emprunter les autoroutes et les routes nationales, sans dérogation pour la région frontalière belgo-luxembourgeoise. Le bourgmestre de Steinfort, Sammy Wagner, avance un chiffre : il faudrait débourser 9 euros pour chaque visite chez IKEA Arlon, situé à moins d’un kilomètre du poste-frontière de Sterpenich.
Ce montant peut paraître anodin, mais les responsables politiques wallons semblent ignorer que la frontière entre Steinfort et Arlon ou entre Pétange et Athus n’existe plus que sur le papier. Chaque jour, des dizaines de milliers de résidents luxembourgeois et belges circulent de part et d’autre pour aller travailler, faire leurs courses ou tout simplement rentrer chez eux.
Cette méconnaissance de la réalité transfrontalière explique-t-elle le flou qui entoure les modalités de la vignette? La liste des routes nationales concernées par le péage fait toujours défaut. L’avenue de l’Europe, qui longe le Luxembourg, la France et la Belgique, deviendra-t-elle payante? Et où sera installée la caméra chargée de contrôler le paiement de la vignette sur l’autoroute vers Arlon? Directement à la frontière ou après la sortie Sterpenich?
Autant de questions soulevées par Sammy Wagner et son homologue de Pétange, Jean-Marie Halsdorf. Leurs communes risquent de voir déferler des milliers de véhicules dans leurs centres-villes et villages, les automobilistes préférant faire des détours plutôt que de payer la vignette. Des réponses rapides de Namur s’imposent. Le gouvernement luxembourgeois attend d’ailleurs toujours une notification officielle…
Reste aussi à savoir si les automobilistes belges bénéficieront d’un allègement de la taxe de circulation en compensation. Une telle mesure pourrait être jugée discriminatoire et contestée devant la Cour de justice de l’UE. En 2019, l’Allemagne avait essuyé un échec retentissant avec son projet de péage à la charge des seuls automobilistes étrangers. L’histoire belge à laquelle nous assistons connaîtra-t-elle le même sort? La pression doit en tout cas être maintenue pour obtenir au moins un dispositif cohérent qui ne pénalise pas les habitants des communes frontalières.