Au moins, l’argent ne manque pas. Lors de sa présentation du projet de budget pour 2027, le ministre des Finances, Gilles Roth, a souligné que «chaque sixième euro» dépensé par l’État est consacré à l’éducation.
L’an prochain, une enveloppe de 5,2 milliards d’euros sera débloquée, soit 10 % de plus que cette année. On ne peut donc pas affirmer que l’éducation soit considérée au Luxembourg comme un domaine dans lequel des économies peuvent être réalisées, contrairement à ce qui se passe en France ou en Belgique.
Les écoles et lycées correspondent aux exigences de qualité nécessaires pour assurer le bon déroulement de l’apprentissage. De nouveaux établissements scolaires sortent à échéance régulière de terre, les plus anciens bâtiments sont rénovés en cas de besoin.
Sur ce seul point, on voit mal une contestation d’une ampleur comparable à celle qui secoue depuis plusieurs semaines nos voisins, mais aussi d’autres États européens, émerger au Grand-Duché.
En revanche, d’autres points de friction existent. La nouvelle année scolaire s’est ouverte sur le choc des résultats de l’étude PISA, révélant un déclin des compétences scolaires.
Les difficultés en compréhension de l’écrit restent particulièrement préoccupantes, tandis que les inégalités socio-économiques persistent dans le système scolaire luxembourgeois. Malgré les investissements massifs de l’État, il manquerait, selon les syndicats, quelque 500 enseignants dans les lycées.
«On a beau soulever les points critiques, on ne nous prend pas au sérieux : on nous répète juste que les jeunes n’ont plus envie de travailler», fustige dans nos colonnes Antoine Zabé, membre de la Conférence nationale des élèves du Luxembourg (CNEL).
Le cocktail serait-il plus explosif qu’il n’y paraît? À ces difficultés s’ajoute un facteur de frustration supplémentaire : pour une part croissante des jeunes, accéder à un logement au Luxembourg est devenu un obstacle majeur.
Ce mardi après-midi, 13 organisations de jeunesse manifesteront devant la Chambre pour réclamer enfin une réponse politique à la hauteur d’une crise du logement qui perdure depuis plus de 20 ans.
L’ampleur de la mobilisation pourrait constituer un bon baromètre de la colère de la jeune génération luxembourgeoise.