Pénurie d'enseignants, délitement de l'attention, système éducatif opaque : les professeurs que nous avons rencontrés voient dans la baisse de niveau des lycéens révélée dans la dernière enquête PISA les conséquences de problèmes déjà connus.
Après le choc des résultats de l'enquête PISA 2025 qui place le Luxembourg sous la moyenne des pays de l'OCDE en sciences, en mathématiques et en lecture, nous avons échangé avec des professeurs de lycée sur l'évolution de leur métier et ce qu'ils observent ces dernières années en classe.
«Ces mauvais résultats étaient malheureusement prévisibles», se désole Gilles Everling, le président de l'APESS (Association des professeurs de l'enseignement secondaire et supérieur). «L'enseignement général s'effondre, avec des élèves qui cumulent jusqu'à six ans de retard scolaire par rapport à ceux de l'enseignement classique, faisant du Luxembourg l'un des champions en matière d'inégalités.»
«C'est devenu de l'à peu près»
Pour ce professeur d'informatique au lycée des Arts et Métiers à Luxembourg, cela ne fait aucun doute : l'évaluation en partie basée sur les domaines de compétences fausse le niveau réel des élèves. «La rigueur est sacrifiée au profit de grilles de compétences qui ne sont rien d'autre que des coquilles vides. Au final, on a une illusion d'acquis, mais les élèves ne savent pas lire.»
Un avis largement partagé par Michel Reuter, professeur d'anglais au lycée technique de Lallange et membre du SEW-OGBL. «Quand j'étais élève, l'apprentissage d'une langue était centré sur l'écriture, la lecture, l'écoute et la parole, avec des exercices et des notes chiffrées qui permettaient clairement ...
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