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Notre-Dame de Fatima : la dévotion mise à l’épreuve


Sous la pluie et la grêle, des milliers de personnes ont participé à la procession pour la 58e édition. (Photo : alain rischard)

Malgré une météo capricieuse et une affluence en recul selon les habitués, des milliers de fidèles ont convergé vers Wiltz en ce jeudi de l’Ascension à l’occasion du 58e pèlerinage de Notre-Dame de Fatima.

Comme cela arrive une fois dans l’année, la petite gare du village de Kautenbach est anormalement fréquentée en cette fin de matinée jeudi, jour de l’Ascension.

Le train en provenance de Luxembourg vient de laisser derrière lui des dizaines de passagers qui attendent de monter dans le wagon qui les conduira à Wiltz afin d’assister au 58e pèlerinage de Notre-Dame de Fatima.

Tandis que certains ont rallié la capitale des Ardennes à pied depuis Ettelbruck notamment, nombreux sont ceux qui ont choisi de venir en train.

«Chaque année, c’est de pire en pire pour se garer à Wiltz, on peut plus se garer nulle part donc j’ai lu qu’il valait mieux laisser sa voiture ici et prendre le train», lance Joao, contraint de changer ses habitudes.

D’origine portugaise, comme la grande majorité des participants au pèlerinage, ce père de famille est au rendez-vous «chaque année depuis 2005» et prend l’évènement au sérieux.

Costume tiré à quatre épingles, béret des grandes occasions et mocassins, «je me fais beau pour la procession, car c’est un jour important». Lorsque le train pour Wiltz arrive, il monte à bord d’un pas pressé et embarque sa famille, impatient d’être sur place.

Une affluence en baisse?

Après le seul arrêt «Paradiso», situé en pleine forêt et desservi pour les scouts ou campeurs qui séjournent dans les environs pendant le pèlerinage, le train arrive à Wiltz.

Commence alors une procession avant l’heure. D’un pas solennel, un petit cortège se dirige d’un seul corps de la gare vers l’église décanale et le marché en contrebas.

Venue avec sa fille en poussette, Rita «croise les doigts pour qu’il ne pleuve pas trop, déjà qu’il fait très froid par rapport à l’année dernière».

Malgré les éclaircies entrecoupées d’averses annoncées, elle a choisi de venir «pour l’ambiance, parce que c’est un moment convivial où je retrouve beaucoup d’amis».

Le centre-ville, exceptionnellement fermé à la circulation, est embaumé par l’odeur des grillades et animé par une fanfare. Au pied de l’église, c’est l’heure de la pause déjeuner avant la reprise à 13 h 30 avec la catéchèse, suivie du départ de la procession.

Les visiteurs se promènent également à travers les divers stands de vêtements, maroquinerie, bijoux, jouets et spécialités portugaises.

Depuis cinq ans, Pia fait partie de ces commerçants itinérants qui s’installent le temps du week-end et note une baisse de la fréquentation : «D’habitude c’est noir de monde, on a du mal à circuler alors qu’aujourd’hui, ce n’est pas le cas du tout».

Les familles qui viennent surtout pour le marché sont moins présentes selon elle, la faute à la météo mais pas seulement. «Cette année, c’est calme partout où je vais, j’ai l’impression que les gens ont plus peur de dépenser leur argent.»

 

Comme le veut la tradition, la statue de Notre-Dame de Fatima a été portée jusqu’au sanctuaire. (Photo : alain rischard)

«Marcher en communion me fait du bien»

Habitant de Wiltz depuis plus de trente ans, Franck a connu les processions à 15 000 voire 20 000 personnes d’avant-covid et assure également qu’«aujourd’hui, on est très loin du niveau habituel».

Ce dernier estime que «la fréquentation a été divisée par deux» et «qu’il n’y a pas plus de 7 000 personnes» pour cette 58e édition. Difficile de vérifier ses dires mais, sur place, nombreux sont ceux qui partagent son avis.

La raison selon Franck? «Avant, les gens pouvaient camper un peu n’importe où mais les règles se sont durcies. Beaucoup venaient de l’étranger et dormaient au bord de la route mais étant donné qu’ils ne peuvent plus le faire, alors c’est compliqué pour eux de venir.»

Qu’il y ait 7 000 personnes au lieu de 15 000, la marée de parapluies qui se dresse au départ de la procession vers le sanctuaire Op Bäessent reste malgré tout impressionnante.

À la tête du cortège se trouve, notamment, le cardinal Jean-Claude Hollerich, le Premier ministre, Luc Frieden, et José Pedro Aguiar-Branco, président de l’Assemblée nationale du Portugal. Tous s’élancent en direction de la colline douchés par la pluie, puis par une lourde averse de grêle.

Pas de quoi décourager les croyants dont les chants résonnent à travers Wiltz, portés par le vent. Équipée de chaussures de randonnée et d’un poncho, Marie profite du moment malgré tout : «Je ne suis pas très pratiquante mais le fait de marcher tous ensemble, en communion, cela me fait du bien».

Pour elle et les autres marcheurs, le plaisir se poursuivra jusqu’à la redescente vers l’église de Niederwiltz, après la messe en haut de la colline, sur le sanctuaire qui surplombe la ville et la fait vibrer à chaque Ascension.

Difficile de décerner les visages sous les parapluies. (Photo : alain rischard)

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