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Luxmobil 2025 : l’enquête montre que la voiture perd du terrain


«Les résultats de Luxmobil 2025 démontrent que les transformations engagées ces dernières années portent leurs fruits», a souligné Yuriko Backes. (Photo : editpress/julien garroy)

Présentée jeudi par la ministre de la Mobilité, Yuriko Backes, l’enquête Luxmobil 2025 livre une analyse détaillée des déplacements au Luxembourg.

Il s’agit de la plus vaste enquête réalisée par Ilres en 48 ans d’existence. Avec un dispositif représentant environ 9200 interviews qui ont couvert à la fois des résidents de plus de 5 ans et des travailleurs frontaliers, le ministère de la Mobilité a sorti les grands moyens avec «Luxmobil 2025» pour analyser l’un des sujets les plus prégnants du pays : la façon dont l’on se déplace au Luxembourg. Cette gargantuesque masse de données était présentée, ce jeudi, par la ministre de la Mobilité et des Travaux publics, Yuriko Backes. Elle s’est appuyée sur un site web interactif regroupant les différents comportements de déplacement de celles et ceux qui habitent le Grand-Duché ou le traversent.

Débutée en janvier 2025, cette enquête a pour objectif de fournir des repères essentiels pour anticiper les défis de demain, planifier les réponses aux besoins futurs et préparer le futur Plan national de mobilité 2040. La dernière enquête «Luxmobil» avait été réalisée en 2017 : ses conclusions avaient servi de base au Plan national de mobilité 2035 et à la réorganisation du réseau RGTR ainsi qu’à l’extension du tramway. Depuis, le pays s’est transformé, que ce soit au niveau démographique, économique et territorial. Il compte aujourd’hui près de 90 000 résidents supplémentaires et environ 50 000 travailleurs frontaliers de plus.

Les habitudes ont également évolué avec le développement du tramway, la progression du télétravail, l’extension de l’usage du vélo, l’ouverture de la gare de Howald et la réorganisation des réseaux de transports publics routiers. En actualisant les données, en intégrant les nouveautés et en analysant le flux des frontaliers, «Luxmobil 2025» fait office de coup de balai pour préparer le PNM 2040.

Travail et loisirs : les motifs dominants

Quelles sont les raisons pour lesquelles on se déplace d’un point A à un point B au Luxembourg? Selon les résultats, les motifs loisirs et travail sont ceux qui génèrent le plus de déplacements au Luxembourg pour les résidents. Les trajets domicile-travail constituent les déplacements les plus fréquents, mais ils ne représentent que 12,7 % de l’ensemble des déplacements quotidiens de celles et ceux qui vivent au Luxembourg. Sans surprise, du côté des frontaliers, qu’ils soient allemands, belges ou français, cette part passe à 74,5 %.

La distance détermine le mode de transport

Au cours d’une même journée, ces déplacements vont se cantonner dans une zone géographique bien définie. Et l’on s’aperçoit que la capitale est le point de départ ou d’arrivée de la majorité des trajets. Le mode de transport va varier suivant la distance à effectuer. La marche prédomine largement sur les distances les plus courtes (moins d’un kilomètre). Progressivement, la voiture va gagner du terrain au fur et à mesure que le trajet s’allonge. L’automobile conserve une place importante pour les déplacements plus longs, même si l’étude met en évidence une progression de la multimodalité avec un recours à la combinaison de plusieurs modes de transport au cours d’un même déplacement lorsque les distances augmentent.

Les frontaliers moins satisfaits de leurs trajets

Les résidents et les résidentes consacrent en moyenne une heure quarante-quatre minutes par jour à leurs déplacements. Ce chiffre augmente de façon importante pour les frontaliers, atteignant près de deux heures vingt minutes par jour pour ceux résidant en Allemagne ou en France. Le taux de satisfaction de chacun est teinté par le temps passé lors des déplacements. 

On constate que 77 % des résidents sont satisfaits ou très satisfaits de leur déplacement du domicile vers le travail. Ce chiffre monte à 87 % pour l’ensemble des autres déplacements quotidiens. En filtrant sur les frontaliers de Belgique, on constate que ce chiffre diminue pour tourner autour des 55 %. Les frontaliers et frontalières d’Allemagne se disent satisfaits ou très satisfaits à hauteur de 56 % et les frontaliers de France sont très satisfaits ou satisfaits à hauteur de 43 %.

Des habitudes qui vont dans le sens de la marche

Entre 2017 et 2025, les habitudes de mobilité au Grand-Duché ont évolué positivement. Alors que les déplacements globaux augmentent de 14 %, la voiture n’a progressé que de 7 %, tandis que le covoiturage (+17 %), les transports publics (+22 %) et surtout le vélo (+81 %) ont gagné du terrain.

La part de la voiture individuelle recule de 55,7 % à 52,5 % dans les trajets non pédestres. Le covoiturage progresse de 23,6 % à 24,3 %, tandis que les transports publics passent de 18,6 % à 20 % – soit environ 72 000 trajets supplémentaires quotidiens. Le vélo double sa part modale, de 2 % à 3,2 %. Enfin, la marche représente désormais 23 % de tous les déplacements.

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