Dans la province de Luxembourg, en Belgique, l’acquisition de pièges pour éliminer les frelons asiatiques fait réagir plusieurs députés qui interrogent la méthode luxembourgeoise.
Au cours des deux dernières années, l’État a engagé 14 000 euros pour lutter contre le frelon asiatique. Cette somme a notamment servi à l’acquisition de matériel destiné à combattre cet insecte. Interrogé par plusieurs députés du LSAP et des Pirates, le ministre de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité, Serge Wilmes, a fourni de nombreuses précisions sur ce sujet. Ces échanges interviennent notamment après la mise en place, côté belge, d’un plan de lutte contre le frelon asiatique par les autorités de la province de Luxembourg. Ce plan repose sur l’acquisition de pièges, la mise à disposition d’un kit de communication et la désignation de référents locaux. De l’autre côté de la frontière, quelque 45 000 pièges de type «T082» devraient bientôt être déployés, soulignent les députés Claire Delcourt et Yves Cruchten.
Si des experts luxembourgeois participent à ce dispositif belge, l’utilisation de ce type de pièges n’est toutefois pas envisagée au Grand-Duché. Bien que moins coûteux qu’une intervention, leur impact est jugé moins efficace que les méthodes actuellement privilégiées au Luxembourg. Le gouvernement concentre en effet ses efforts sur la neutralisation des nids au printemps. Cette méthode, considérée comme 100 % sélective, n’entraîne aucune incidence collatérale et permet, contrairement aux pièges, d’éviter la capture d’insectes indigènes protégés. Elle empêche également «le développement ultérieur des colonies ainsi que la formation de nids secondaires en été», assure le ministre.
Il rappelle par ailleurs que la neutralisation des nids sur le domaine public est actuellement assurée en interne par l’ANF, qui mobilise exclusivement ses propres ressources humaines. Sur les terrains privés, les interventions sont confiées à des entreprises spécialisées. Les coûts peuvent alors varier fortement selon le type de nid (embryonnaire, primaire ou secondaire), son emplacement, son accessibilité ainsi que les conditions de sécurité propres à chaque situation. À l’heure actuelle, un forfait d’indemnisation étatique compris entre 50 et 300 euros est appliqué.
Pour autant, l’utilisation de pièges de type «T082» n’est pas totalement écartée. Elle pourrait être autorisée dans les situations où des dommages aux abeilles domestiques sont susceptibles de survenir.