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Le gouvernement défend et assume la fin du rabais à la pompe


Le carburant le moins cher, affiché hier en Lorraine, était vendu dans une station Total à Solgne, au sud de Metz. L’économie sur un plein de 50 litres pouvait atteindre les 20 euros (super 98). (Photo : julien garroy)

Les ministres de l’Énergie, de l’Environnement et des Finances renvoient notamment vers les objectifs climatiques du Luxembourg pour justifier l’abolition de la ristourne de 7,5 centimes d’euro.

Le CSV et l’ADR crient au scandale. L’Union luxembourgeoise des consommateurs plaide non seulement pour prolonger mais aussi doubler le rabais à la pompe que l’État a accordé depuis la mi-avril aux automobilistes. Mais rien n’y fait. Le gouvernement défend et assume le choix de ne pas maintenir au-delà du mois d’août la ristourne de 7,5 centimes d’euro par litre d’essence et de diesel.

Avec la fin du rabais de 7,5 centimes d’euro par litre d’essence et de diesel, les prix à la pompe ont fait un bond hier. Le litre de super 95 a connu la hausse la plus poussée en passant à 1,716 euro (+0,082 centime d’euro). Le super 95 est actuellement la sorte d’essence la plus chère vendue au Luxembourg avec un prix au litre de 1,924 euro (+0,042 centime d’euro). Seul le diesel a connu une baisse minime de 0,5 centime pour être vendu à 1,895 euro le litre.

Le plein moins cher à Thionville

En France, par contre, l’État a décidé à la fois de prolonger et d’augmenter le rabais à la pompe. En passant de 18 à 30 centimes d’euro, le prix d’un litre d’essence, surtout le super 98, ou de diesel est du jour au lendemain devenu (bien) moins cher à Thionville ou Metz qu’à Dudelange ou Luxembourg (lire ci-contre).

«Beaucoup de frontaliers, mais aussi de résidents luxembourgeois vont passer la frontière pour faire le plein. Cela aura aussi un impact sur les finances publiques», déplore le député Fred Keup (ADR), dans une question parlementaire adressée le 25 août au gouvernement. Hier, ce sont pas moins de trois ministres – Claude Turmes (Énergie), Joëlle Welfring (Environnement) et Yuriko Backes (Finances) – qui ont livré leur réponse. Et cette dernière risque de plaire ni aux élus de l’ADR et du CSV ni aux automobilistes.

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Et pourtant, les arguments présentés par le trio ministériel ne sont pas à négliger. Le rabais à la pompe accordé entre la mi-avril et la fin août a eu un coût global de 65 millions d’euros pour l’État. «La perte estimée au niveau des recettes fiscales due au rabais français se situe, selon les dernières estimations, dans l’ordre de grandeur du coût qu’aurait une mesure semblable au Luxembourg», soulignent les ministres Turmes, Welfring et Backes.

Le gouvernement renvoie aussi vers le coût qu’a la subvention de la mobilité motorisée individuelle sur l’environnement. «Le Luxembourg reste décidé à contribuer à la lutte contre le changement climatique. La vente de carburant fait partie intégrante de nos efforts pour réduire à l’horizon de 2030 nos émissions de CO2 de 55 %», peut-on lire dans la réponse à la question parlementaire de Fred Keup.

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La coalition tricolore ne cache pas son intention de «réduire progressivement la vente de diesel et d’essence». Traduisez : le gouvernement a bien l’intention de moins encourager le fameux tourisme à la pompe.

Néanmoins, soulignent les trois ministres interpellés, «le gouvernement prend très au sérieux la flambée des prix de l’énergie». À l’image de ce que nous a confié le Premier ministre, dans notre édition d’hier, une solution pour «stabiliser et réduire les prix», doit être trouvée à l’échelle européenne. Ce vendredi, Xavier Bettel, secondé par Claude Turmes, compte s’expliquer plus amplement à la sortie du Conseil de gouvernement de rentrée.

Le plein revient (bien) moins cher à Thionville ou Metz

De l’autre côté de la frontière franco-luxembourgeoise, les automobilistes voulant faire le plein bénéficient depuis hier non seulement d’un rabais étatique, passé de 18 à 30 centimes d’euro le litre, mais – du moins dans les stations-services estampillées Total – d’une ristourne supplémentaire de 20 centimes. Il n’est pas donc très étonnant que les prix affichés en Lorraine sont moins chers. Voici une sélection de prix :

DIESEL 1,719 euro à Metz (-0,176 ct par rapport au Luxembourg) et 1,739 euro à Thionville (-0,156 ct), soit pour un plein 50 l) quelque 85 euros, contre près de 95 euros au Luxembourg.

SUPER 95 1,710 euro à Metz (-0,006 ct) et 1,640 euro à Thionville (-0,076 ct), soit pour un plein (50 l) entre 83 et 85 euros, contre 86 euros au Grand-Duché.

SUPER 98 1,569 euro à Metz (-0,355 ct) et 1,579 euro à Thionville (-0,345 ct), soit pour un plein (50 l) de quelque 78 euros, contre 96 euros au Luxembourg.

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