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Le genêt fait toujours briller Wiltz


Le soleil et le public étaient au rendez-vous pour cette 76e édition de la fête du Genêt. (Photo : julien garroy)

Ce lundi de Pentecôte, Wiltz s’est parée de ses plus belles couleurs pour sa traditionnelle fête du Genêt et son défilé de chars fleuris et placés sous le thème du cinéma. Un rendez-vous incontournable qui réunit locaux et nouveaux arrivants.

Étincelant sous le soleil de plomb en ce lundi de Pentecôte, le genêt illumine le nord du pays sur les bords de route, dans les collines et surtout au centre-ville de Wiltz. Comme le veut la tradition née en 1949, la capitale des Ardennes luxembourgeoises dédie cette journée fériée à cet arbuste doré typique de la région. Le «Geenzefest» a été initié par le photographe local Tony Mander qui, quatre ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, souhaitait rendre hommage aux paysages de sa région et redynamiser sa ville.

Depuis ce 6 juin 1949, le corso s’est installé comme un rendez-vous incontournable, perpétué par le syndicat d’initiative, puis par l’ASBL «Les amis de la Féerie du Genêt». Peu avant midi, c’est le calme avant la tempête dans les rues de Wiltz, décorées de bouquets de genêts accrochés aux lampadaires, aux fenêtres, aux rambardes ou encore aux abribus. À l’heure du déjeuner, le thermostat affiche déjà 27 °C. L’objectif est donc de se restaurer et de trouver un abri à l’ombre, en attendant le défilé du corso prévu à 14 h 30.

De Bastogne à Wiltz, la magie du char

Attablé à l’une des nombreuses buvettes de la Grand-Rue, Olivier, une tête de renard dans la main, sera la mascotte de l’un des 40 chars du cortège. «Je sais déjà que je vais transpirer», plaisante-t-il, en s’imaginant danser sous son lourd costume en plein soleil. Originaire de Bastogne, «c’est la deuxième année de suite que nous venons à Wiltz avec mon groupe de carnaval», explique-t-il.

«L’un de nos membres travaille ici et il a demandé si l’on pouvait participer, on a donc fait la sécurité sur le parcours et nous sommes venus avec un char l’an passé.» Sur les 50 personnes que compte la troupe d’Olivier, une trentaine a fait le déplacement avec un char dans le thème de cette 76e édition : le cinéma. «Nous avons reproduit le Moulin-Rouge, à la différence qu’il est orange comme notre mascotte.»

Trente minutes avant le début du défilé, les figurants désertent les rues pour se préparer à monter dans leurs chars. Les habitués comme Emmanuelle ont déplié leurs chaises, au même emplacement chaque année. «J’habite juste à côté donc je marche un peu et je me mets ici, ni trop près du défilé et du bruit, ni trop loin pour les voir.» Bien que cette fidèle regrette que «le nombre de chars ait un peu baissé avec le temps», elle s’attend à un beau spectacle.

Pour cette habitante, «la fête du Genêt, c’est plus qu’une fête, cela montre à certains qu’il y a aussi de la vie et de l’animation dans le Nord». Samedi et dimanche, des animations en tout genre ont déjà eu lieu, sans oublier la messe solennelle. Il y a deux semaines, durant le week-end de l’Ascension, Wiltz était également animée par le pèlerinage de Notre-Dame de Fatima et la venue de milliers de personnes à travers le pays. «Aujourd’hui, c’est encore mieux puisqu’il fait très beau, alors que pour Fatima nous étions en hiver», rigole Emmanuelle.

 

Sous la chaleur, près de 40 chars ont arpenté les rues de Wiltz. (Photo : julien garroy)

 

«Nous reviendrons l’an prochain»

Bien que moins fréquentée que la procession de Notre-Dame de Fatima, la fête du Genêt n’en reste pas moins un évènement qui déplace les foules et remplit les rues de Wiltz. Lorsque le coup d’envoi du défilé est donné, difficile de trouver une place dans la Grand-Rue jusqu’au château.

Sous un soleil écrasant, les chars et les danseurs défilent sous les applaudissements d’un public compatissant au vu de la chaleur. «Je ne sais pas comment ils font pour jouer sous leur costume noir», s’interroge, admiratif, Franck face au spectacle d’une fanfare de ninjas. Venu de Differdange, il remplit la mémoire de son téléphone en photographiant chacun des chars et son cortège. «J’adore les cavalcades, tout le monde est réuni et heureux le temps d’un défilé. Ce sont toujours des beaux moments.»

Sleepy Hollow, Aladdin ou encore Avatar, de nombreuses références cinématographiques s’enchaînent pendant plus d’une heure au centre-ville. De quoi séduire Satiam et Trysha, originaires de l’île Maurice et fraîchement installés au Grand-Duché. «C’est la première fois que nous venons à Wiltz, au départ nous sommes venus pour y faire une petite randonnée, puis nous sommes restés pour la fête», explique le jeune homme. «On vient d’arriver à Gasperich, on ne connaissait pas le coin mais nous reviendrons l’an prochain, c’est certain», annonce Trysha, séduite par l’ambiance et les paysages de la région.

 

Deux jours après son intronisation, la nouvelle Reine du Genêt a défilé avec ses demoiselles d’honneur. (Photo : julien garroy)

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