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Jusqu’à 200 000 euros par an : les talents de l’IA valent de l’or au Luxembourg


La demande de profils spécialisés en intelligence artificielle est en hausse. (Photo : adobe stock)

Les spécialistes de l’intelligence artificielle sont encore rares au Luxembourg. Et certains profils peuvent déjà prétendre à… 200 000 euros bruts par an.

L’intelligence artificielle commence à faire son nid sur le marché de l’emploi luxembourgeois. Et avec elle, une nouvelle catégorie de profils particulièrement recherchés et bien rémunérés.

Dans sa première étude consacrée au marché de l’emploi lié à l’IA au Luxembourg, publiée le 10 septembre dernier, le cabinet de recrutement Morgan Philips décrit un marché en pleine structuration, mais encore loin d’avoir atteint sa maturité.

Le constat est clair : le Luxembourg est en train de passer «d’une phase d’expérimentation de l’IA à une phase de mise en œuvre structurée». Les entreprises ne se contentent plus de multiplier les tests et les «proof-of-concepts» : elles commencent à créer des équipes dédiées, à mettre en place des cadres de gouvernance et à intégrer l’IA générative dans leurs applications et leurs processus.

Une évolution qui fait (forcément) grimper la demande pour certains profils. «Les talents en IA au Luxembourg restent rares, hautement internationaux, et les meilleurs candidats sont souvent déjà en poste», relève Morgan Philips.

Le cabinet constate notamment «une demande importante pour des professionnels capables de faire le lien entre stratégie, technologie, gouvernance des données, sécurité et adoption par les entreprises».

Entre 85 000 et 200 000 euros bruts

Et cette rareté… se paie. Parmi les postes étudiés, celui de Head of AI ou AI Strategy Lead est de loin le plus rémunérateur : entre 120 000 et 200 000 euros bruts par an, selon le profil et l’employeur. Le niveau de difficulté à recruter est qualifié de «très élevé». Les hommes représentent par ailleurs 90 % des effectifs observés sur cette fonction, contre seulement 10 % de femmes.

Les AI Engineers et ML Engineers, eux aussi très recherchés, peuvent prétendre à 75 000 à 95 000 euros en milieu de carrière, puis entre 95 000 et 135 000 euros pour les profils seniors. Morgan Philips classe là encore la difficulté de recrutement comme «très élevée». Le taux de turnover observé atteint ici 18 %.

Les spécialistes de la cybersécurité appliquée à l’IA ne sont pas en reste. Un AI Security Engineer peut espérer entre 85 000 et 100 000 euros à un niveau intermédiaire, puis de 100 000 à 140 000 euros avec davantage d’expérience. Le cabinet qualifie la difficulté de recrutement de «élevée».

Même tendance pour les AI Architects, dont la rémunération s’établit entre 85 000 et 110 000 euros en milieu de carrière et entre 110 000 et 130 000 euros pour les profils seniors. Là encore, le recrutement est jugé «difficile».

Attention toutefois : les fourchettes présentées ici «constituent des repères indicatifs et non des chiffres exhaustifs», explique le cabinet de recrutement. «La rémunération réelle peut varier en fonction de divers facteurs, tels que la conjoncture économique, la taille et le secteur de l’entreprise, ainsi que le profil, les compétences et l’expérience de chaque candidat».

Renforcer les équipes existantes

Au-delà des salaires, l’étude semble surtout dessiner les contours du marché de demain. L’IA ne semble pas devoir remplacer les organisations informatiques existantes, mais plutôt s’y intégrer progressivement comme «une couche d’expertise spécialisée».

Architecture, infrastructure, data, cybersécurité et développement logiciel évoluent ainsi pour intégrer les nouveaux besoins liés à l’intelligence artificielle. «Cette transformation dépasse largement le seul secteur technologique. L’étude observe déjà des applications dans les services financiers, l’assurance, la gestion d’actifs, la compliance, la gestion des risques, la cybersécurité, les services publics, les télécommunications, les utilities et les grandes entreprises de services».

Et le mouvement devrait s’accélérer. Si, actuellement, le marché luxembourgeois est jugé comme «relativement peu mûr» dans le domaine de l’IA, pour 2027 en revanche, Morgan Philips anticipe le développement de fonctions comme AI Governance Manager, AI Risk & Compliance Specialist, AI Developer, Machine Learning Operations Engineer, AI Engineer ou encore AI Product Manager.

Le cabinet estime même que l’année 2027 pourrait marquer «le début de l’industrialisation de l’IA» dans l’économie luxembourgeoise. La question ne sera alors plus seulement «Pouvons-nous utiliser l’IA?», mais «Comment pouvons-nous déployer l’IA à grande échelle de manière sûre, efficace et conforme à la réglementation?».

Autrement dit, les entreprises rechercheront des profils capables de relier technologie, besoins du métier, cybersécurité, gouvernance et réglementation.

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