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Incertitude autour des banques italiennes après la victoire du non


Les banques italiennes plient sous le poids de 360 milliards d'euros de créances douteuses. (photo AFP)

Le non au référendum, qui a entraîné la démission du chef du gouvernement Matteo Renzi, plonge de nouveau les banques italiennes dans l’incertitude après des mois cahotiques, en particulier la Monte dei Paschi (BMPS), le plus vieil établissement financier de la planète.

A la Bourse de Milan, en fin de matinée, UniCredit chutait de 4,03%, Banca popolare di Milano de 3,97%, Banco popolare de 3,62%, Mediobanca de 2,38% et BMPS de 1,08%, des performances en berne certes mais moins terribles que redouté.

« Je ne m’attends pas à une énorme réaction négative des marchés financiers, le non ayant déjà été en grande partie pris en compte », souligne l’économiste Lorenzo Codogno, en expliquant que le secteur bancaire italien avait « nettement sous-performé depuis le début de l’année, en partie en raison de l’incertitude du référendum ».

Depuis janvier, l’indice des banques italiennes a ainsi perdu 47% de sa valeur à la Bourse de Milan, témoignant, outre cette question du référendum, d’un manque de confiance plus général des investisseurs.

Les banques italiennes plient sous le poids de 360 milliards d’euros de créances douteuses –ces prêts non remboursés, dont le risque est très élevé qu’ils ne le soient jamais– ce qui représente un tiers du total de la zone euro.

En outre, le secteur est très éparpillé, avec quelque 700 établissements différents, et plusieurs banques souffrent de problèmes de capitalisation, ce qui les fragilise.

Mais même si les marchés financiers gardent leur calme dans l’immédiat, le non pourrait avoir un effet rebond à moyen terme en raison de l’instabilité politique.

M. Renzi doit démissionner dans l’après-midi, mais aucune alternative claire ne se dessine, à l’exception d’un gouvernement « technique » chargé de mener une nouvelle réforme du mode de scrutin.

« S’il n’y a pas de solution à la crise gouvernementale d’ici deux ou trois semaines, les marchés financiers recommenceront à être nerveux », pronostique M. Codogno, en estimant que « l’augmentation de capital de la Monte dei Paschi (BMPS) sera probablement retardée voire carrément annulée et toutes les autres opérations bloquées ».

« Réponse nette »

Troisième établissement financier italien et plus ancienne banque de la planète, la BMPS est considérée comme l’un des maillons faibles du système bancaire italien. Elle a affiché les pires résultats aux tests de résistance publiés fin juillet par l’Autorité bancaire européenne (EBA).

Pour redresser la situation, BMPS, dont le titre a chuté de 84% depuis le début de l’année, a lancé un vaste plan de sauvetage prévoyant la cession d’un important portefeuille de créances douteuses et une augmentation de capital pouvant aller jusqu’à 5 milliards d’euros.

Une première étape a été franchie cette semaine avec un milliard d’euros récupérés grâce à la conversion d’obligations, mais il reste encore 4 milliards à trouver…

« Il est en effet facile d’immaginer que les investisseurs étrangers qui pensaient participer à l’augmentation de capital fassent un pas en arrière. Il faudra donc une réponse nette, qu’il s’agisse d’une intervention publique, du recours au bail-in (mise à contribution des détenteurs de titres) ou autre », note Umberto Borghesi, gestionnaire de fonds.

Mais « même s’il y avait un gouvernement de transition, aucune force politique ne peut assumer la responsabilité d’une faillite de la Monte dei Paschi », banque symbole et poumon économique de la région de Sienne, ajoute-t-il.

Autre banque qui pourrait aussi tanguer dans ce contexte: UniCredit, qui devrait elle aussi avoir recours au marché en début d’année prochaine, pour un montant pouvant aller jusqu’à 13 milliards d’euros.

Néanmoins, le risque pour cette banque de ne pas trouver d’investisseurs est nettement moindre que d’autres petits établissements comme Carige ou Veneta Banca, qui se trouvent dans une situation encore plus périlleuse.

Le Quotidien / AFP

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