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Finance inclusive : des dons utiles et encadrés grâce à un outil luxembourgeois


Le Financing Innovation Tool, présidé par Axel de Ville, répond à une série d’obligations légales dans l’utilisation des dons.  (Photo : didier sylvestre)

Soutenue par l’État, l’ONG luxembourgeoise spécialisée en finance inclusive, ADA, lance un tout nouvel outil pour soutenir l’entrepreneuriat innovant et à impact dans les pays en développement.

Alors que les pays en développement regorgent de petites et moyennes entreprises innovantes et à impact, les entrepreneurs peinent souvent à trouver des financements pour lancer leur activité : les subventions publiques sont inexistantes ou insuffisantes pour les faire progresser, tandis que les investisseurs internationaux se montrent frileux face au risque.

D’où l’idée de lancer un outil spécifique pour les soutenir : l’ONG Appui au développement autonome (ADA) a lancé vendredi la première société à impact sociétal (SIS) dédiée aux services financiers, avec le soutien du gouvernement luxembourgeois. Baptisée «FIT» pour Financing Innovation Tool, elle propose une toute nouvelle façon de financer le développement, via des dons et un canal garanti par l’État.

«Il y a tout un cadre légal ancré dans nos statuts, en tant que SARL et SIS, qui sécurise le FIT et permet de s’assurer que les dons qui l’alimentent sont utilisés dans un contexte bien défini, avec des obligations en termes d’impact social», détaille Axel de Ville, président du Financing Innovation Tool et expert en finance inclusive – il a lui-même dirigé ADA pendant 13 ans.

Un subside de 6 millions d’euros

«Sans oublier l’engagement de la Coopération luxembourgeoise qui nous a accordé 6 millions d’euros pour amorcer l’activité et qui offre une certaine caution au mécanisme», poursuit-il, ajoutant que c’était une demande très forte de la part des donateurs, de pouvoir disposer d’un cadre structuré et d’un reporting transparent.

Concrètement, le FIT va venir compléter les actions menées sur le terrain par ADA, selon les mêmes principes et les mêmes valeurs que l’ONG, dans des pays où elle est déjà présente depuis de nombreuses années et où de solides partenariats locaux sont noués. Quant au mode de sélection des projets éligibles, différents critères entrent en jeu : «On va examiner le degré d’innovation, pas uniquement technologique, ça peut aussi concerner l’accès à un service, un nouveau produit, ou cibler une population qui d’ordinaire n’est pas considérée», précise-t-il. «Et les contraintes du candidat pour se faire financer ailleurs. Là, on va privilégier des structures qui manquent de maturité pour des investisseurs d’impact ou pour des banques locales.»

10 millions d’euros d’ici 2025

«On prend un risque que les autres investisseurs ne prennent pas, voilà toute la valeur ajoutée du FIT, et ce qui fait de cet outil une SIS et pas un fonds d’investissement», revendique Axel de Ville. Son président distille quelques exemples : au Sénégal, il va ainsi booster l’activité d’une jeune femme qui vient de lancer sa boulangerie en utilisant uniquement des farines de cultures locales, comme le manioc, au lieu de farines de blé importées de l’étranger. Elle a mis en place toute une chaîne d’approvisionnement qui favorise à la fois l’emploi, l’agriculture locale et les circuits courts.

Autre projet dans lequel le FIT envisage d’investir, en Afrique de l’Est cette fois : une structure qui a développé des crédits responsables destinés aux étudiants, via une plateforme digitale innovante, un algorithme pour affiner la sélection des profils les plus adaptés et une mécanique qui permet de ne pas mettre la pression sur ces jeunes pour le remboursement.

Ou encore cette institution de microfinance en Afrique de l’Ouest, avec laquelle ADA travaille depuis un an et demi pour développer un produit spécifique aux activités forestières et notamment la plantation d’arbres, qui implique forcément un rendement à long terme.

Le FIT, qui prévoit de réinvestir l’intégralité de ses bénéfices, vise les 10 millions d’euros d’ici 2025 grâce aux dons récoltés, qu’ils soient institutionnels ou privés.

fit-sis.lu

Un commentaire

  1. L’expression « finance inclusive » n’a aucun sens en français.

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